Le demi-fond est lancé

A l’aube d’une gestation présidentielle qui va être à risque, je reviens sur le premier billet que j’ai écrit sur ce blog il y a plus de 4 ans et dont le titre était « Mon vote blanc est-il vraiment nul ? »

Hier dimanche 6 mai 2012 j’ai découpé un bulletin blanc que j’ai mis dans l’enveloppe que j’ai glissé dans l’urne.

Puis j’ai vu le soir la joie et la tristesse de tous ceux qui croyaient à l’importance de ce vote. Ils avaient tous été préalablement « chauffés » à coup de dizaines de millions d’euros pour que l’affectif les amène au bon choix à un moment précis, le dimanche 6 mai 2012, ni avant, ni après.

Quinze jours plus tôt, nous avions éliminé tous les porteurs d’une bribe de vérité, les Mélenchon, les Dupont-Aignan, les Poutou, les Le Pen, les Cheminade, les Arthaud et autres Joly. Certes aucun d’entre eux ne prenait suffisamment de hauteur pour prendre le problème dans son ensemble mais au moins chacun disait à sa manière des bouts de vérité en les habillant d’affectif pour glaner le maximum de voix.

Les seuls qui étaient restés consciencieusement et exclusivement dans l’apparence et dans le faire croire, c’était les trois qui se voyaient une vraie chance de rentrer ou de rester à l’Elysée. En bons professionnels ils s’offraient à intervalles de plus en plus rapprochés, les sondages qui leur montraient l’efficacité de leurs investissements publicitaires fabuleux. Les investissements étaient systématiquement renouvelés là où les sondages montraient des faiblesses dans le « En dire le moins possible mais faire croire au plus possible ».

Leurs mentors grassement rémunérés leur rappelaient en permanence que nous, petits électeurs, avions tous, trois centres de décision que l’on peut symboliser par le cerveau, le cœur et le ventre qui représentent respectivement la raison, le sentiment et le besoin. Ils leur expliquaient que pour gagner une élection « un homme, une voix » il faut faire abstraction de la raison, et faire croire que les besoins seront satisfaits et les désirs comblés. Si nous savons tous que « plaire ou conduire, il faut choisir », la règle du jeu pour l’élection est de plaire. Chacun a donc fait faire la liste de tous nos besoins et de tous nos désirs pour pouvoir faire croire qu’ils seront assouvis. Cerise sur le gâteau, leurs conseillers en communication leur ont bien précisé que le faire croire devait être renforcé par une apparence de réalisme et de modestie. Il faut être « normal » et bien répéter qu’ « on ne peut pas tout faire ».

Le moins riche a été éliminé avec les porteurs de fragments de vérité puisque la règle qu’ils ont établie est qu’il ne doit en rester que deux pour le deuxième tour. Et comme il faut être économe et ne pas gaspiller son argent, il est inutile de dépenser plus que nécessaire. Dépasser juste un peu la barre des 50% est suffisant et il serait niais de dépenser des fortunes pour obtenir un 60% totalement inutile dès l’instant où l’on reste entre soi. Si par accident un Le Pen ou un Mélenchon arrive au deuxième tour, c’est une belle économie car il fait immédiatement gagner son adversaire qui n’a même plus besoin de dépenser tellement nous sommes formatés à croire que les porteurs d’illusions détiennent la vérité.

Sarkozy et Hollande avaient pourtant rigoureusement le même programme :

– Diminuer la dette en empruntant davantage pour financer la croissance qui remboursera, parait-il, la dette.

– Formater toujours davantage les individus en leur faisant croire qu’une accumulation de connaissances sanctionnée par des diplômes leur donnera un emploi qu’ils ne garantissent jamais en dépit du préambule de la constitution de 1958 qui reprend le préambule de la constitution de 1946 dont l’article 5 commence par « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».

– Faire croire que nous sommes dans un système de gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple et faire oublier que nous sommes dans une monarchie élective où chacun a sa chance s’il accepte de rentrer dans le moule politique qui est une oligarchie ploutocratique, une caste où le pouvoir est à l’argent.

Où est le discernement ? Où est la simple raison ? Faut-il éternellement se soumettre à l’affectif sans voir qu’il mène au lynchage et aux excès ? Le plus grave n’est même pas là. Le plus grave est que nous avons à la tête de l’Etat des professionnels de l’élection, pas de la politique à laquelle ils ne comprennent pas grand-chose et surtout, qui ne les intéresse pas vraiment. Ils ont même réduit le joli mot de politique, la « bonne marche de la cité » à un électoralisme ravageur et castrateur. Ils ont bâti par l’affect, une droite et une gauche afin qu’un bord récupère toujours ce que l’autre a perdu.

Quand s’intéresseront-ils au peuple autrement que pour obtenir ses suffrages au bon moment ?

Qu’il est triste d’imaginer que je puisse dans à peine plus de 7 mois, si Dieu me prête vie, écrire le même billet en ayant simplement dégringolé de quelques étages de plus !

Que faire pour éviter l’éternel recommencement ?

Tout d’abord en débloquant notre réflexion en abandonnant, et voire même en combattant, un vocabulaire vide de contenu mais très à la mode, poussant celui qui l’entend à classer, à l’affect, définitivement dans le bien ou dans le mal, ce que l’on veut encenser ou ce que l’on veut abattre. en ne faisant surtout pas appel à la raison mais uniquement à l’émotion et aux sentiments. Les médias y sont passés maîtres et s’ils veulent faire croire qu’une dépense est intelligente, elle deviendra discrètement financement ou investissement et personne n’aura le droit de suggérer que c’est une dépense idiote. Si une idée les dérange elle deviendra naturellement populiste car elle risque de plaire sans être passée par eux, ce qui leur est insupportable.

Ensuite en comprenant et en diffusant que ce n’est pas en manipulant les monnaies mais en donnant du travail à chacun que nous pourrons ensuite faire prendre conscience au peuple que nous vivons au-dessus de nos moyens. Pour donner du travail à tous, les rêveurs attendront à nouveau la croissance pendant que les réalistes tenteront d’expliquer que seule la fabrication en France, même plus cher, de tout notre déficit commercial extérieur permettra un emploi satisfaisant.

Enfin en exigeant des candidats qu’ils s’engagent à harmoniser la concurrence en rééquilibrant à nos frontières les différences de salaires et d’avantages acquis. Aucun Français ne doit avoir accès à des marchandises fabriquées ailleurs qu’en France et qui ne sont moins chères que parce qu’ailleurs, des hommes, des femmes et des enfants travaillent avec des salaires et des protections sociales très inférieurs aux nôtres et qui n’existent que parce que nous trouvons cela normal et que nous sommes ravis d’en profiter.

Le protectionnisme, repli sur soi ou cordon sanitaire indispensable ?

Il est de bon ton chez les intellectuels médiatisables de se gausser du protectionnisme en le comparant à l’autarcie et à la Corée du Nord. L’avenir est à la mondialisation et même le front national se croit obligé de parler de « protectionnisme intelligent » tellement l’idée simple de se protéger n’a plus droit de cité en elle-même depuis que ce qu’il y aurait à protéger est devenu si flou.

Grâce à la mondialisation des échanges et de la communication, l’Occident a mis dans la tête des gens que le commerce international était la modernité alors que le nivellement des goûts sur toute la Terre au moment même où le nombre d’humains explose dramatiquement, nous entraîne inéluctablement vers la guerre car la Terre ne pourra fournir. Tant que certains aimaient les insectes et d’autres le bœuf, tant que chacun priait son Dieu, on reconnaissait différentes civilisations, différentes cultures qui inspiraient les voyages, l’étonnement, l’enrichissement, le respect, le partage et …. le repos chez soi. Depuis que l’OMC a décidé que sortir de la pauvreté c’était vivre comme un occidental et que la laïcité était la verticale commune, il faut faire disparaître les autres civilisations ou les mettre dans des réserves avant de s’entre-tuer pour savoir qui aura le droit de survivre.

La République s’étant abandonnée à la fausse démocratie où une caste achète l’affect du peuple avec de l’argent qu’elle n’a pas, il y a une quasi unanimité à essayer de faire croire au peuple qu’il peut alléger son travail en faisant payer le passé par l’impôt, le futur par la dette et les autres peuples par une balance commerciale excédentaire.

Une première difficulté est de savoir qui sont les autres quand on ne sait plus qui l’on est soi-même; d’où les souverainistes, les régionalistes, les européistes et les mondialistes … plus tous ceux qui ne se posent même plus la question de savoir qui ils sont.

Une seconde difficulté est que l’idée de « faire payer les autres », une fois mondialisée, se retourne évidemment en « payer pour les autres » avec ses corollaires, la concurrence et l’austérité.

Mais le pire est de voir ce qui se passe quand le système fonctionne et le lait nous en donne un exemple remarquable. Entendu sur RTL le 30 août :

C’est en Nouvelle-Zélande que s’est constituée la laiterie du monde. Ce pays est à l’origine de 27% des produits laitiers vendus sur le marché international. Il est le premier exportateur mondial de lait en poudre, de beurre et de fromage, devant l’Europe. La Nouvelle-Zélande collecte 22 milliards de litres de lait par an. Elle possède 6,5 millions de vaches (il y en a plus que d’habitants).

La plus grosse partie de la production locale est le fait d’une seule entreprise, Fonterra. Cette coopérative regroupe 10.000 éleveurs et réalise à elle seule le quart des exportations totales du pays. La dépendance de l’économie néo-zélandaise à l’égard de « l’or blanc » est telle que, lorsque le secteur souffre, la monnaie du pays est dévaluée.

Comme elle est le plus gros acteur mondial, la Nouvelle-Zélande – et plus précisément Fonterra – fait les prix mondiaux. Ceux-ci pèsent sur les cours européens, puisque l’Europe a démantelé tout récemment son système propre de fixation de la production et des prix. Les laiteries normandes ou bretonnes dépendent donc en partie de ce qu’il se passe à 19.000 kilomètres de chez nous.

Si l’on rajoute que les prix s’effondrent à cause d’une forte surproduction mondiale générée par des investissements colossaux faits en Nouvelle-Zélande pour satisfaire une demande chinoise qui n’arrive pas, on en arrive à la conclusion que les éleveurs neo-zélandais n’arrivent pas à rembourser leurs dettes parce qu’ils ont trop investi et que les éleveurs français n’arrivent pas à survivre parce que Lactalis applique la règle du système et achète au cours mondial.

Comment peut-on être à ce point aveugle pour se contenter de clouer au pilori le petit-fils Besnier au lieu de vanter le protectionnisme en laissant aux imbéciles prétentieux le soin d’y voir un repli sur soi ?

Mais le monde politico-médiatique n’est-il pas dangereusement contaminé par l’imbécilité prétentieuse ?

Diagnostic

Ce diagnostic se divise en trois parties. D’abord une approche fondamentale de ce qu’est l’économie en anthropologie, puis les déviations qui ont abouti à l’impasse actuelle et enfin les pistes de solutions.

I L’économie en anthropologie

Tout groupe d’êtres humains a au départ une raison d’être et organise dans ce but les apports de chacun et rend complémentaires les différentes énergies individuelles. Cette organisation a été improprement appelée troc en supposant une simultanéité du don et du contre-don qui n’a jamais été systématique. Le don et le contre-don existent dès la création du groupe (couple, association ou tribu) mais ils ne sont que très rarement simultanés. L’anthropologue et professeur au Collège de France Marcel Mauss a parfaitement expliqué que le don entraînait le contre-don et que le « donner-recevoir-rendre » était au service du lien social et qu’il le nourrissait.  Mauss a développé que le don et le contre-don était ce qu’il a appelé un « fait social total » à dimensions culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique et qu’il ne pouvait être réduit à l’une ou à l’autre de ses dimensions. Mais quand la taille du groupe devient importante, la détection des profiteurs et des tire-au-flanc devient difficile et rend obligatoire la simultanéité du contre-don. L’origine de la monnaie est cette invention du contre-don simultané. La monnaie est donc culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique. Par sa facilité d’usage la monnaie est devenue le regard que le groupe utilise pour isoler les richesses échangées contre de la monnaie dans le fatras des productions. C’est parce qu’une production trouve acheteur qu’elle est reconnue comme richesse et non comme embarras ou déchet. Toutes les fonctions de la monnaie décrites depuis l’antiquité, réserve de valeur, unité de compte et intermédiaire des échanges, découlent toutes de ce que la monnaie est l’étalon culturel de la richesse. C’est l’énergie du groupe, l’énergie sociale, quand le travail est l’énergie individuelle. La monnaie est reconnaissance par le groupe de l’utilité du travail individuel. Toutes les querelles autour de la monnaie viennent de la difficulté à marier la notion de richesse qui est un regard dynamique essentiel au lien social avec la notion d’étalonnage qui est arithmétique et avec la notion de culture qui est sociologique. Toutes les incompréhensions viennent de simplifications excessives et contradictoires.

II Les déviations

Le XXe siècle, sous impulsion anglo-saxonne commerçante, a fait croire par une fabrication erratique de contre-dons que l’augmentation de la production était une augmentation de richesse, et par une très belle illusion qu’une dépense était une richesse et que l’augmentation des échanges commerciaux était aussi une augmentation de la richesse du groupe. Tout a été fait pour que l’on croie à ces deux erreurs, à commencer par la diffusion de l’idée que ces augmentations de richesses permettaient de moins travailler, ce qui a beaucoup plu aux peuples latins. La richesse n’étant qu’un regard, la propagande a remplacé une démonstration inexistante.

Pour faire croire que la croissance du commerce était augmentation de richesse on a additionné tous les échanges dans une zone donnée en appelant finement cette addition d’échanges « gross domestic product » servilement traduit en français par « produit intérieur brut ». En se servant à tout propos de pourcentages du PIB comme d’une ressource ou de son augmentation comme d’une victoire, on a instillé dans les esprits que le commerce était en soi une richesse et que son développement était « la » croissance, alors que le commerce n’est que l’intermédiaire qui se fait payer pour mettre en relation producteurs et consommateurs. A la méthode Coué, d’une dépense on a fait une richesse, d’un emploi on a fait une ressource. Comme cela ne marche évidemment pas, on a nommé ce ratage, la crise, et on a fait de la fuite en avant en cherchant de nouveaux marchés, en inventant la concurrence, l’austérité et le nouvel esclavage dans l’espace qu’est la mondialisation.

Pour faire croire que l’augmentation de la production était augmentation de richesse on a simplement fabriqué du contre-don utilisable à tout moment. Plus on fabriquait de la monnaie plus on laissait croire que les productions étaient des richesses sans que personne ne s’appauvrisse pour reconnaître ces fausses nouvelles richesses. Depuis le début du XXe siècle, par cette inflation dans son vrai sens, par cette fabrication incessante de monnaie, on a sans arrêt dévalué toutes les monnaies par rapport à l’or. Dans les années 70 on a même cassé le thermomètre en déconnectant les monnaies de l’or et l’erreur est devenue encore moins facilement perceptible. N’étant dorénavant liées ni à l’or ni au travail humain utile qu’étaient le don et le contre-don, les monnaies ne sont plus limitées dans leur fabrication et elles se sont donc toutes totalement dévaluées. Aujourd’hui les monnaies ne valent plus rien. Il n’y a que les peuples qui ne le savent pas. On a oublié que la monnaie n’était une énergie que parce qu’elle était contre-don d’un travail utile. Elle était et n’est plus stockage de travail humain. Pour retarder cette prise de conscience on a remplacé la coopération par la concurrence et seul le désir de ne pas mourir le premier empêche une flambée générale des prix. Pour que la fausse monnaie soit utilisée et pour que les productions continuent à être reconnues comme richesses, elle est prêtée à tout va en créant un nouvel esclavage, l’esclavage dans le temps qu’est la dette.

Les acteurs des déviations

Pour arriver à un tel imbroglio il a fallu que plusieurs corps s’agrègent pour que la propagande soit malheureusement convaincante.

Les banques créent la monnaie. Elles ont d’abord détourné le pouvoir régalien de battre monnaie puis l’ont confisqué aux Etats-Unis en 1913 par la création de la FED et en Europe par le traité de Maastricht et le passage à l’euro. Cœur du système, les banques l’ont créé et l’entraîneront dans leur chute. C’est la bête de la mer de l’Apocalypse « Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête » Ap 13,3.

Les medias et leur propriétaire, la publicité, prennent au peuple la monnaie nécessaire à lui faire croire par le plaisir qu’il est possible d’être heureux sans vision. C’est la bête de la terre de l’Apocalypse, celle qui  « faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête » Ap 13,12.  « Elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer» Ap 13,14.

Les multinationales et la science économique donnent au peuple de quoi survivre et payer la publicité. On a inventé la science économique qui a remplacé le bon sens par une logorrhée déguisée en mathématique et qui a délivré des diplômes sanctionnant les étudiants qui avaient répété sans comprendre tout ce qu’on leur avait embecqué. La science économique cherche sans succès à démontrer qu’il y a des solutions hors bon sens. Elle est la référence officielle nobélisée des deux erreurs sur l’augmentation de la richesse par l’augmentation de la production et par l’augmentation des échanges. La science économique a envahi les multinationales qui, déconnectées de la réalité, ont besoin des banques pour cacher leurs pertes. Les multinationales font de la cavalerie entre elles pour dégager des bénéfices fictifs. Grâce au principe irréaliste de pérennité de la comptabilité, elles peuvent présenter en toute légalité, des passifs sous-évalués et des actifs surévalués.

La recherche et l’innovation. La recherche récupère de belles intelligences déboussolées et les met au service de qui la paye sans se préoccuper d’où vient l’argent, du vrai but recherché et des deuils que les innovations généreront. La recherche vit dans le cercle fermé « demain paiera et demain sera mieux grâce à l’innovation ».

Les politiques, pour ne pas faire trop travailler au présent les électeurs-consommateurs, veulent faire travailler le passé par l’augmentation de la ponction fiscale, faire travailler le futur par l’augmentation de la dette et faire travailler les autres par la balance commerciale excédentaire. Si la balance commerciale est déficitaire on fera travailler davantage le passé et le futur, c’est-à-dire les électeurs-consommateurs et leurs enfants. Les politiques nous ont construit un pays de Cocagne illusoire fondé sur l’esclavage dans l’espace qu’est le mondialisme et sur l’esclavage dans le temps qu’est la dette, un eldorado où l’homme n’aurait plus à travailler mais la partie des peuples encore au travail vit de plus en plus mal de recevoir systématiquement sur la tête le marteau que leurs dirigeants ont envoyé en l’air pour que leurs électeurs ne se fatiguent pas.

Les spectateurs des déviations

Les peuples changent leurs dirigeants chaque fois qu’ils le peuvent et constatent que tout empire. Mais ils ont été formatés à croire à l’esclavage dans l’espace pour payer moins cher et à l’esclavage dans le temps pour ne même plus se poser la question du « Qui paye ? ». On les a même formatés à limiter dans leurs têtes l’esclavage au vilain esclavage des gentils noirs par les méchants blancs.

Les intellectuels sont en voie de disparition. Les derniers spécimens comme Michel Onfray disent «  Le bateau coule, mourez debout ». D’autres comme Jacques Attali se réfugient dans la logorrhée en fondant tout sur le marché, la démocratie et l’initiative personnelle. Mais le marché dit que l’homme ne vaut plus rien depuis que l’humanité est passée en deux siècles de 1 à 6 milliards d’individus alors que la démocratie dit rigoureusement l’inverse en faisant semblant de sacraliser l’individu. Le message intellectuel d’Attali traduit en français n’est que « Débrouille-toi entre moins l’infini et plus l’infini ».

Les religions par une absence d’analyse incroyable, se sont auto réduites au monde des Bisounours sans vision, sauf une partie de l’Islam qui, sur une lecture littérale du Coran soigneusement éludée, enflamme encore.

III Les axes de solutions

Non par calcul mais par simple sédimentation des médiocrités dans une société sans vision, nous avons construit une société monstrueuse et totalement instable. Nous assistons même à la querelle désolante bien que sans doute de bonne foi entre ceux qui comme l’Union Européenne veulent plus de mondialisation pour avoir moins de dettes, et ceux qui comme Mélenchon & Co, veulent plus de dettes et moins de mondialisation.

Il nous faut pourtant répondre à la question dramatique à laquelle nous sommes chaque jour davantage confrontés et qui est de savoir s’il y a un autre moyen que la guerre pour nous remettre les yeux en face des trous. Y répondre positivement est le devoir des générations actuelles.

La direction pourrait être celle-ci :

1 – Expliquer ce qui se passe à un peuple perdu, anesthésié et étourdi pour lui redonner une vision, le réveiller et le dégourdir. Redonner en premier lieu sa place à la coopération face à la concurrence et ensuite leurs places aux devoirs face aux droits, au travail face à la dette, à la fraternité face à la solidarité, à la rigueur face au laxisme, au réalisme face au rêve.

2 – Retrouver notre souveraineté pour pouvoir agir.

3 – Ne pas importer plus que ce que nous exportons et fabriquer en France, même plus cher, ce que nous importons sans être capable de le payer. C’est l’esprit de la charte de La Havane et de l’Organisation Internationale du Commerce, mère de la parricide Organisation Mondiale du Commerce.

Donner par ces décisions conformes à l’O.I.C. mais opposées à l’U.E. et à l’O.M.C., du travail à tous les nationaux qui en demandent, par la création d’entreprises de production à capital mixte public-privé.

4 – Une fois les Français au travail, rééquilibrer petit à petit pour faire payer par le présent ce qui est consommé au présent en renonçant à faire payer le passé par l’impôt et le futur par la dette. Là est évidemment le plus gros problème mais qui ne pourra être abordé que lorsque les trois premiers points auront été réalisés.

Erreur technique ou … ?

Voulant écrire un article sur l’attentat de Nice, j’ai voulu relire l’article « Tuez les mécréants » que j’avais écrit sur ce blog le 25 novembre après l’attentat du Bataclan. Quelle n’a pas été ma surprise de constater qu’il avait disparu. J’ose encore croire à une malencontreuse erreur technique car il serait inquiétant que l’article ait déplu à une mystérieuse main invisible. Je commence donc bien sûr par le remettre en ligne :

Tuez les mécréants

Le 13 novembre 2015, ce n’était plus des juifs, des militaires, des journalistes ou des dessinateurs qui étaient visés, c’était la France au travers de Français dans leur quotidien, leurs terrasses de café et leurs concerts de rock. Si l’on rajoute les attentats ratés dans un stade (4 morts dont un passant et trois suicidés à qui on avait refusé l’entrée) et les attentats déjoués dans une église (Villejuif) et un hypermarché (Les Quatre Temps), on a une idée de la vision que ces attaquants ont d’une France de légèreté, de consommation, de plaisir et de mécréance.

On a appelé ces attaquants des terroristes comme les allemands appelaient les résistants et la question se pose de savoir si nous ne ratons pas un vrai débat de fond.

Le verset 89 de la sourate 4 An-Nisaa  du Coran dit : « Ils voudraient qu’à leur instar vous sombriez dans la mécréance afin que vous en soyez au même point (sawâ’) qu’eux. Ne les prenez pas pour alliés tant qu’ils n’auront pas émigré pour la cause de Dieu et s’ils se détournent, emparez-vous d’eux et tuez-les où que vous les trouviez. Et ne les prenez ni pour alliés ni pour partisans ! ».

Les médias diffusent pour calmer le jeu et nous anesthésier un autre verset qui donne en le tronquant : «  Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain  ». C’est en effet très beau mais le verset 32 non tronqué de la sourate 5 Al-Ma-Idah qui parle de Moïse, donne : « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre ».

Il est dommage que les médias suppriment  « non coupable de meurtre »  et surtout «  de corruption » qui parle de nous et qu’ils oublient le verset suivant de la même sourate, le verset 33 qui dit :  «  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment ».

Et le verset 17 de la sourate 8 Al-Anfal complète en disant : « Ce n’est pas vous qui les avez tués mais c’est Allah qui les a tués  ».

La lecture littérale du Coran justifie les massacres et elle les justifie d’autant plus que le Coran est réputé incréé par les musulmans, c’est-à-dire parole divine intouchable.

Mohammed Arkoun a pourtant rappelé aux intégristes que le Coran avant d’être écrit n’avait été transmis pendant deux siècles que par oral, et que cette période avait été d’une violence inouïe avec deux des quatre premiers califes assassinés, Il leur a expliqué que si, pour la foi musulmane, l’archange Gabriel avait en effet donné à Mahomet la parole incréée de Dieu, la parole humaine qui l’avait véhiculée pendant deux siècles était, elle, une parole créée et Mohammed Arkoun constatait que personne n’était en état de différencier les deux.

Mais au-delà de ces assassinats insupportables et de l’exégèse que l’on peut faire du Coran, il reste une question totalement essentielle sur la place des religions.

L’homme dans toutes les civilisations a toujours cherché l’harmonie entre le rapport à lui-même, le rapport aux autres et le rapport à ce qui dépasse tout le monde que l’on peut résumer par la spiritualité ou par les questions sans réponses comme  «  Qu’y a-t-il après la mort ?  », « Quelle est l’origine de l’univers ? » ou « Comment prévoir une éruption volcanique, une secousse sismique, un ouragan, le réchauffement ou le refroidissement de la Terre ? ».

Les religions tentent d’apporter des réponses externes à ces questions tandis que l’initiation s’efforce de trouver en soi ces réponses. Louis-Vincent Thomas, cet universitaire qui a passé sa vie à étudier l’Afrique, a écrit dans « La mort africaine » : « Si les événements majeurs de la vie d’un homme sont: la naissance, l’initiation et la mort, le plus important de tous est le second qui confère un sens au premier et dénie tout pouvoir destructeur au troisième ».

Chacun cherche des réponses à ces questions pour pouvoir les dépasser et ne plus en être encombré. La réponse initiatique est un chemin, la réponse religieuse est une foi. Les deux ne sont nullement incompatibles et elles peuvent même se renforcer l’une l’autre.

La difficulté de la réponse initiatique est qu’elle est travail difficile sur soi-même. La difficulté de la réponse religieuse est qu’elle est collective tout en étant aussi fragile que la réponse initiatique. Pour être réellement une réponse nous débarrassant de nos angoisses existentielles et nous permettant de vivre, la réponse religieuse doit être unanime car autrement, elle n’est pas crédible. Il n’y a pas de religion sans rassemblement des croyants qu’on l’appelle Eglise, Oumma ou Sangha. La laïcité cette invention française du XIXème siècle qui devait être au départ une nouvelle religion sans foi, capable de détrôner le catholicisme, n’est aujourd’hui qu’une coquille vide puisqu’elle ne répond à aucune question fondamentale. Elle n’est prônée que par une élite autoproclamée qui ne croit en rien, qui a choisi pour elle la voie initiatique sans forcément la travailler et qui, n’ayant rien compris à l’unanimité nécessaire à la réponse religieuse, croit avoir trouvé par le mot laïcité, le moyen d’éviter les querelles religieuses. Ces dirigeants voudraient enfermer la réponse religieuse dans l’intime alors qu’elle n’existe que si elle est publique et collective. Il y avait des terres d’islam et des terres chrétiennes que les voyageurs chrétiens ou musulmans visitaient respectueusement. Le mondialisme a tout mélangé en voulant rendre universelle la morale occidentale dans le but unique que le capitalisme survive encore un moment. Nous en récoltons les premiers fruits.

« A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes» (John Fitzgerald Kennedy).

Après l’attentat de Nice perpétré par un individu violent, alcoolique et totalement désocialisé, la seule question intéressante est de comprendre comment il a pu devenir en 8 jours un tueur de masse. C’est malheureusement la lecture littérale du Coran et sa nature incréée de parole divine qui lui a fait faire en 8 jours d’internet son chemin de Nice comme Paul de Tarse a fait en une chute de cheval son chemin de Damas pour devenir Saint Paul.

Entendre une brave musulmane dire sur les télévisions que l’islam est une religion de paix et que ceux qui disent l’inverse devraient lire le Coran, montre simplement que cette dame n’a lu le Coran que très partiellement. Si comme toutes les religions l’islam prône toutes les vertus d’amour, de solidarité et de bienveillance entre coreligionnaires, il est clairement écrit dans le Coran avec force détails de tuer les apostats, les renégats et … tous les mécréants, ce qui veut dire tous les non-musulmans et aussi les musulmans qui vont écouter de la musique ou regarder un feu d’artifice. Et comme c’est parole de Dieu, c’est vérité intouchable. La Bible aussi dans le Deutéronome dit de tuer mais c’est parole humaine que l’on peut remettre dans son contexte..

Quand l’émission Islam le dimanche à 8h45 abordera-t-elle le seul sujet difficile qui est de comprendre pourquoi Dieu dans le Coran ordonne aux musulmans de tuer les mécréants, les non-musulmans, en les déculpabilisant dans le verset 17 de la sourate 8 Al-Anfal : « Ce n’est pas vous qui les avez tués mais c’est Allah qui les a tués  » ?

J’attends l’explication des musulmans modérés de ce verset  de cette sourate.

La Société Protectrice des Politiques

J’ai copié-collé cet article paru dans Contrepoints section Economie internationale le 15 juillet 2016 en laissant le nom de l’auteur pour lui faire honte.

L’Irlande, championne mondiale de la croissance (+26% !)

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Une croissance record occultée par les médias
Alors que les technocrates socialistes français se vantent de leur 1,3%, l’Office central des statistiques (CSO) de Dublin a créé la surprise en annonçant ses statistiques trimestrielles de la croissance du pays. Certes, l’activité irlandaise a nettement rebondi ces toutes dernières années, après avoir plongé pendant la crise financière internationale, et l’Irlande est redevenue l’économie la plus dynamique de l’Union européenne.

D’après les chiffres publiés en mars dernier, la croissance irlandaise avait atteint le niveau déjà très enviable de 7,8% en 2015, dopée par les secteurs industriels et de la construction. Mais personne ne s’attendait à ce que le CSO ne publie cette semaine une révision de cette donnée annuelle… annoncée désormais au niveau quasi irréel de 26,3%.

Une fiscalité attractive
L’office a expliqué avoir constaté «une augmentation du nombre d’avions importés en Irlande pour des activités de location d’appareils» et «une augmentation énorme de la masse de capitaux d’entreprises » référencée dans le pays.

Jack Allen, analyste chez Capital Economics, a souligné qu’il s’agissait notamment du reflet de jeux comptables d’entreprises qui délocalisent leur siège en Irlande pour y bénéficier d’une fiscalité attractive (12,5% d’impôt sur les sociétés). «Le capital de ces entreprises est dès lors transféré dans le bilan de l’Irlande, ce qui dope son PIB», a-t-il précisé.

Une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, qu’une fiscalité intelligente est créatrice d’activité, d’emplois et de richesses tandis qu’une fiscalité confiscatoire est génératrice de paupérisation et de fuite d’activité.

Comment peut-on à ce point mélanger activité et prospérité ? Comment peut-on considérer le PIB comme une richesse alors que ce n’est que le constat d’un mouvement comptable ? Piller une banque est une activité qui donne de surcroît des activités supplémentaires à la police et à tous ceux qui verront transformée en richesse toute leur production. Cela ne donne de la prospérité qu’à quelques-uns. Trouver une ruse pour faire payer les autres est l’activité fondamentale de l’Union européenne et cela crée de l’activité partout pour tenter d’éteindre les incendies que cela crée.

L’Irlande avec son impôt sur les sociétés à 12,5% récolte tous les sièges sociaux et l’on facture en Irlande et en euros toute l’activité européenne réelle de Google, d’Apple et d’Amazon. Ce n’est pas le capital de ces entreprises qui est incorporé au PIB comme l’aurait soutenu un analyste de plus payé à scribouiller. Ce ne sont pas les avions qui sont importés en Irlande mais la facturation de leur location partout en Europe. Les Européens achètent les avions, les Européens les utilisent, les Européens payent mais les sociétés délocalisent leurs sièges à Dublin pour ne payer que 12,5 % d’IS. Facturant en Irlande, cela rentre évidemment dans le PIB irlandais puisque le PIB n’est que le constat des facturations passées et réglées. On a abandonné dans le silence le plus total le PNB qui ne prenait en compte que la facturation des nationaux pour le PIB qui ramasse toutes les facturation d’étrangers faites dans le pays. Quelle différence avec le pillage d’une banque si ce n’est que l’UE l’a rendu légal et a interdit que la police traque les escrocs ?

Au moins grâce au Brexit les Anglais ne verseront plus la redevance à l’état irlandais. Reste la seule question assez difficile tellement tout est possible : l’UE va-t-elle exploser ou imploser ? Elle n’est définitivement plus que la S.P.P., la société protectrice des politiques… et de leurs affidés.

La confusion entre richesse et production

Cette confusion est une difficulté majeure de notre temps et le fait que cette confusion soit si mal perçue est une énigme car elle impacte tous les autres problèmes. Personne ne semble avoir vraiment envie de l’analyser. Nous savons tous pourtant qu’une production n’est pas forcément richesse, qu’une inondation est une production d’eau qui n’est pas richesse, pas plus que la grêle qui produit ses grêlons. Une production n’est plus richesse dès qu’elle est surproduction et elle n’est pas richesse si elle n’est pas désirée.

Une production se constate alors qu’une richesse s’évalue, une production est objective alors qu’une richesse est subjective. Le crottin est une production du cheval mais il n’est richesse que pour le jardinier. Ce qui fait le lien entre la production et la richesse c’est la monnaie. Comme cela n’est malheureusement pas écrit dans les livres d’économie, le premier rôle de la monnaie est de distinguer les richesses parmi les productions, rôle dont découlent les multiples rôles secondaires de la monnaie très justement décrits dans les livres d’économie.

Pour bien comprendre cette distinction il faut d’abord prendre conscience que la monnaie est une énergie. Elle permet de se déplacer, de se nourrir, de s’habiller, de se loger, de se chauffer. C’est une énergie apparemment créée par le groupe qui utilise cette monnaie mais aucune énergie ne s’invente ou ne s’imprime toute seule. L’énergie de la monnaie lui vient forcément d’une autre énergie mais de laquelle ?

Dans les énergies il y a celles que l’homme constate et qu’il sait plus ou moins bien maîtriser et gérer comme les énergies solaire, éolienne, gravitationnelle, géothermique, sismique, animale ou végétale. Il y a celles que l’homme a su développer comme les énergies chimique, électrique ou atomique. Mais aucune de ces énergies n’est stockée dans un billet de banque. La seule énergie qui peut se retrouver stockée dans une monnaie est l’énergie humaine, le travail, énergie que nous retrouvons inconsciemment dans nos portefeuilles comme j’ai pu le développer dans mon article sur la monnaie. Mais ce n’est pas notre travail personnel qui s’y retrouve mais le travail passé de toute la communauté.

Tout l’art des dirigeants est de chiffrer ce travail passé et d’appréhender la quantité de monnaie à mettre en circulation, la quantité d’« énergie travail » stockée dans la monnaie n’étant pas négociable car on ne refait pas le passé. Pas assez de monnaie et le travail humain ne se stocke plus, trop de monnaie et le travail humain passé est dévalué par la dévaluation de la monnaie.

La vie dans un groupe est une série continue de coups de mains que se donnent les uns les autres, c’est un échange permanent que certains appellent le don et le contre-don  et d’autres, le don de soi et l’accueil de l’autre. La monnaie arrive lorsque le groupe est trop important pour que l’échange d’efforts puisse se vérifier autrement que par la simultanéité des deux efforts. La monnaie ne fait que remplacer celui des deux efforts qui n’est pas simultané.

Le rôle de la monnaie est donc essentiel pour réguler l’économie. Elle remplit dans la société le rôle des parents dans la famille qui doivent savoir dire « non ». La tentation est grande en effet de se croire au pays de Cocagne et de vouloir obtenir tout ce que l’on désire.

Si l’on était démagogue et cynique on oublierait que la monnaie n’existe que par le travail déjà reconnu et on en fabriquerait par la dette. Cela permettrait de transformer en richesses des productions qui n’en sont pas. Cela enclencherait une spirale car des petits malins s’intéresseraient plus aux désirs qu’aux besoins. Ils inventeraient de nouvelles productions que l’on reconnaîtrait comme richesses par la monnaie créée par la dette.  La recherche et l’innovation s’engouffreraient vers tout ce qui pourrait plaire. Comme l’argent serait facile, on achèterait pour produire des machines voire même des robots. Le travail ayant quitté la monnaie, il quitterait la production. On ne s’intéresserait plus qu’aux désirs que l’on alimenterait par la publicité payée par la dette. Plus personne ne se demanderait « qui paye ? » puisque la dette aurait remplacé le travail. On en arriverait à une société où la dette transformerait en richesses toutes les productions des machines et où les hommes pourraient se distraire par la dette, leurs deux seules obligations étant de consommer et de voter. Mais comme la dette monterait et deviendrait embarrassante il y aurait unanimité pour affronter le problème et vouloir « faire des réformes » c’est-à-dire faire payer au peuple l’incurie de ceux qu’il aurait bêtement élus.

LaPrimaire.org

Je ne me suis jamais servi de mon blog pour autre chose que pousser à la réflexion depuis que l’on m’a imposé un deuxième tour entre Hollande et Sarkozy qui tous deux ont fait monter la dette pour ne pas avoir à faire travailler leurs électeurs.

Pour la première fois je veux faire part de mon approbation devant l’organisation de www.LaPrimaire.org qui souhaite réunir 100.000 citoyens pour désigner un candidat à la Présidence de la République qui ne soit pas issu des combinaisons tacticiennes des états-majors partisans. Ils sont déjà à 48% de leur objectif avec 48.164 citoyens ce 6 juin 2016. Il me parait clair que si 100.000 citoyens organisent une primaire entre des inconnus, le vainqueur obtiendra sans vraie difficulté 500 signatures chez les 35.877 maires de France au 1er juin 2016.

Je crois utile de s’inscrire et de faire inscrire autour de soi pour valoriser cette démarche dont l’intérêt premier est de faire franchir le mur des médias à un certain nombre de candidats qui ont des choses à dire mais à qui on ne donne pas le droit de le dire.

N’importe qui peut être candidat et doit simplement obtenir 500 soutiens citoyens pour éliminer les candidatures farfelues. Ce nombre de 500 soutiens, s’il est bien compréhensible, est plus facile à obtenir dans les associations corporatistes que si l’on a simplement des choses intéressantes à dire.

J’écris ce papier pour apporter tout mon soutien à Jean-François Harel qui se présente sur des idées qui nous sont communes. Il n’a pour l’instant qu’une soixantaine de soutiens et il serait à mes yeux très dommage qu’il ne puisse pas participer à la compétition.

C’est dès maintenant que je sollicite tous ceux qui s’intéressent à la politique au sens grec, au sens noble de la marche de la Cité, pour qu’ils prennent les 5 minutes nécessaires pour lui apporter leur soutien. Il faut le faire sur internet avec un téléphone portable à proximité qui recevra un code d’authentification à reporter dans son inscription qui est totalement confidentielle. Même les candidats ne peuvent pas savoir qui les soutient. Sur LaPrimaire.org chacun peut lire les motivations de Jean-François Harel comme celles de tous les autres candidats qui sont déjà plus d’une centaine à ce niveau de la compétition.

Merci de soutenir Jean-François Harel et de le faire soutenir autour de vous pour qu’il atteigne rapidement les 500 soutiens citoyens qui lui permettront de diffuser l’idée qu’il y a une voie de sagesse entre la voie sans issue de l’attente de la croissance prônée par tous les Politiques et la voie réaliste mais abominable de la guerre qui remet certes instantanément les yeux en face des trous mais dont nous avons oublié la lourdeur du prix.

Jean-François Harel vous expliquera que nous pouvons redonner du travail aux Français en limitant nos importations à nos exportations comme tout l’ONU s’y était engagée en 1948 avec l’OIC avant de faire demi-tour pour créer l’OMC en 1995. Si nous fabriquons en France tout notre déficit commercial de 70 milliards d’euros, le chômage s’effondre et l’Etat peut participer activement au lancement d’entreprises de fabrication mixtes public-privé. Il vous expliquera qu’une fois le peuple de France au travail, il devra tranquillement choisir entre la résurrection de l’esclavage discrètement prônée par le mondialisme et l’abandon d’avantages acquis qui évitera l’envolée des prix. C’est au peuple de France à trancher dans ses propres contradictions mais il ne peut le faire que s’il a du travail qui seul fabrique des hommes responsables.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout et n’attendez pas pour soutenir Jean-François Harel. Il suffit de cliquer ici : https://laprimaire.org/candidat/439995046437

Le capitalisme en soins palliatifs

 

Personne ne semble avoir envie d’analyser le dogme essentiel de notre économie qui ne supporte pas les hérétiques tellement il a pénétré les cerveaux. Ce dogme baigné de bonnes intentions est :

Nous nous en sortirons par la croissance créatrice de richesses.

 De là toutes les querelles affligeantes entre ceux qui savent tous ce qu’il faut faire pour que la croissance revienne et qui s’extasient en cercle devant son frétillement à 0,1%.

Ce dogme est lui-même fondé sur la croyance que la recherche du profit est le moteur de l’humanité alors que les deux moteurs de l’humanité sont la recherche du pouvoir et celle de la gloire, la recherche du profit n’en étant que le carburant dans le système capitaliste.

Le capitalisme fait croire à une création de richesses alors que cette richesse est mythique car elle n’est qu’un regard qui change suivant les individus et les groupes, suivant le lieu et le moment. Cette lubie de création de richesses ne tient que grâce à des profiteurs et à des jaloux.

Les profiteurs sont ceux qui dépensent à flots de l’argent que leurs banques croient qu’ils possèdent, les jaloux se divisent en jaloux imitateurs que sont les libéraux et en jaloux destructeurs que sont les anticapitalistes.

Les profiteurs sont les serviteurs du système que l’on trouve à tous les carrefours stratégiques, politiques, financiers, médiatiques et publicitaires. Ils dépensent beaucoup d’argent et génèrent autour d’eux, aux mêmes carrefours et dans toute la société, les jaloux admiratifs et les jaloux vengeurs. Ils sont salariés surpayés, héritiers ou flagorneurs. Ils ont le pouvoir et la gloire qui leur permettent de vivre fabuleusement bien parce qu’ils ont réussi à faire croire que nous créons annuellement des richesses dont ils s’octroient une modeste part. Ils ont réussi à faire croire à leurs fortunes en générant des jaloux. Ils ont réussi à faire croire qu’en travaillant normalement un individu pouvait donner à ses enfants plus qu’il n’a reçu de ses parents et que l’enrichissement par le travail était possible sans appauvrissement d’autres personnes. Ils ont fait de leurs victimes leurs complices

Les jaloux admiratifs et imitateurs sont les libéraux qui se divisent eux-mêmes entre ceux qui élucubrent des théories et ceux qui travaillent comme des bêtes pour changer de catégorie. Une infime minorité y arrive en vendant sa start-up ou en gagnant au loto.

Les jaloux vengeurs et destructeurs sont les anticapitalistes qui montrent du doigt la richesse des profiteurs en exigeant une nouvelle répartition : « 1% des humains possèdent 99% des richesses de LA planète » ! Un ami m’a écrit : « l’immense majorité ne tire pas de son travail une part équitable tandis que les fonds de pensions, les banques, les compagnies d’assurances et autres « machins » financiers accumulent des fortunes colossales ». Il m’écrit ce que les profiteurs veulent qu’il croit pour que cela tienne, à savoir que l’on crée des richesses et que le seul problème est de savoir comment se les partager. Lui vit mal matériellement, eux vivent bien matériellement mais cela n’est possible que parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas riches et que cet ami croit qu’ils le sont. Leur richesse n’est qu’illusoire. Ce sont des actions en bourse valorisés par eux-mêmes ou leurs semblables à des prix qui sont ce qu’ils échangent entre eux. Ce sont des propriétés qui leur seront reprises quand elles ne seront pas détruites. Les riches familles égyptiennes ou romaines ont-elles eu des héritiers ?

Tous alimentent le dogme et les jaloux rendent le système presque réel en l’admirant ou en l’abhorrant.

La réalité est que l’économie qui est l’action dans la maison, dans l’oïkos, est un échange du travail des êtres de la maison. Normalement tout est don et contre-don ce qui apparaît à un observateur inattentif comme du troc alors que le troc qui n’a jamais existé aurait remplacé la confiance par la simultanéité. Dans le contre-don il y a reconnaissance que le don de l’autre est richesse aux yeux du donneur et du groupe. Mais la notion d’enrichissement sans appauvrissement volontaire de l’autre n’existe pas car tout n’est qu’échange non simultané de travail.

La monnaie a remplacé partout le contre-don lorsque les groupes sont devenus trop nombreux pour que la confiance suffise à l’harmonie. La monnaie était donc un support objectif d’énergie humaine concrétisant le contre-don en étant un symbole concret, recherché, rare, pérenne, transportable et divisible. Mais la monnaie nous a fait oublier qu’il n’y a pas d’enrichissement sans appauvrissement d’un autre. Nous avons théorisé le don et le contre-don en production, dépense et revenu sans souvent comprendre que la production était ce qui était vendu, le revenu était la source de la monnaie utilisée pour acheter et la dépense le constat de leur échange. En appelant cet échange PIB on a fait croire que c’était une ressource alors que ce n’est que le constat d’un échange de deux valeurs.

L’idée est venue, puisque la monnaie remplace le travail du contre-don, de multiplier la monnaie pour éviter le travail. Depuis toujours on pillait, on mettait à sac et on réduisait en esclavage pour avoir de la monnaie et éviter le travail et l’idée de travailler sur la monnaie existe aussi depuis toujours par le billonnage, ce trafic illégal ou caché de monnaies défectueuses. Mais c’est depuis que les monnaies ont été déconnectées de toute référence objective (15 août 1971) que les freins ont sautés.

C’est l’art du capitalisme d’avoir inventé la création de richesses alors que seul l’appauvrissement en monnaie de quelqu’un reconnait une production en tant que richesse. Cette reconnaissance par l’échange ne génère aucune création de richesse pour le groupe.

Mais l’illusion fait vivre…

On a inventé l’investissement, la rentabilité, le profit et on a remplacé le travail par la dette. Rien que pour la dette publique, la France était ruinée après les guerres de Louis XIV et avait une dette publique insupportable à l’époque de 1,5 milliard de livres (12 milliards d’euros) qui a amené le système de Law et la ruine de tant de Français. Aujourd’hui nous en sommes à une dette publique française de 2.000 milliards d’euros et la dette publique mondiale continue de monter de plusieurs milliards d’euros par jour.

On fait tout pour faire payer les autres par l’exportation ou par le bidouillage des monnaies et cela nous retombe généralement sur le nez car nous ne sommes pas les meilleurs en bidouillage.

La FED et la BCE fabriquent sans arrêt, qui des dollars, qui des euros, des monnaies qui ne valent objectivement plus rien. Mais tant que le boulanger et son client croiront ensemble qu’un euro est aussi intéressant qu’une baguette de pain, le système tiendra. Mais dès que la confiance dans le système malhonnête disparaîtra, le papier monnaie ne sera plus que du papier comme les billets de Law en 1720, les assignats de la révolution ou les emprunts russes. C’est parce que certains le savent qu’à Davos on parlait suppression totale de la monnaie. Comme si, une fois de plus on voulait simplement casser le thermomètre.

Ensemble

Le colonel François de La Rocque a choisi en 1936 pour son parti social français, la devise Travail Famille Patrie. Malheureusement l’Etat Français lui a subtilisé sa devise sans lui demander son avis et a  laissé l’ennemi interdire son parti et l’envoyer en camp de concentration. Le colonel de La Rocque a été libéré par les Américains mais est mort en 1946 des suites de ses incarcérations. Sa très belle devise a été salie par la confusion qu’on en a fait avec la collaboration alors qu’elle a été créé par un résistant.

Des trois efforts épanouissants que sont le travail, la famille et la patrie, on a fait Liberté Egalité Fraternité qui dit la même chose mais qui peut malheureusement être aussi entendu à l’inverse comme je l’ai détaillé dans mon article Liberté Egalité Fraternité. Souvenons nous du préambule de la constitution de la deuxième République en 1848 qui affirme que la République  » a pour principe la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Elle a pour base la Famille, le Travail, la Propriété, l’Ordre public ». Prenons conscience que le travail, la famille et la patrie sont le seul chemin vers la liberté, l’égalité et la fraternité. Nous l’avons complètement oublié. Il faut en retrouver les bases et comprendre leur complémentarité.

Pour le travail Lanza del Vasto a écrit en 1943 dans « Pèlerinage aux sources » :

L’homme a besoin du travail plus encore que du salaire. Ceux qui veulent le bien des travailleurs devraient se soucier moins de leur obtenir un bon salaire, de bons congés, de bonnes retraites, qu’un bon travail qui est le premier de leurs biens. Car le but du travail n’est pas tant de faire des objets ou de « créer de la richesse » que de faire des hommes ».

Etre reconnu comme utile par les autres et en être vraiment convaincu soi-même, est la base de toute vie sociale. Rien ne peut se faire sans que chacun ait du travail. Le travail est un droit garanti par la constitution et un gouvernement qui ne sait pas donner du travail à son peuple devrait avoir la pudeur de se retirer ou au moins de se taire tant qu’il est incompétent.. Personnellement et en l’état je ne vois pas d’autre possibilité concrète de donner du travail que de limiter la quantité de nos importations à celle de nos exportations. Nous fabriquerons ce que nous nous interdirons d’importer et affronterons ensemble les problèmes que cela posera..

La famille est le symbole du petit groupe affectif qui reste dans le don et le contre-don, dans le tout apparemment gratuit et qui ne se sert pas à l’intérieur du groupe de l’énergie qu’est la monnaie. Que ce soit la famille au sens strict ou le groupe d’amis, chacun peut compter sur les autres et on retrouve à ce niveau le principe de la vie  en société d’avant l’introduction de la monnaie. Ce sont les regards des autres qui forcent à l’équilibre car chacun a besoin de ressentir sur soi des regards bienveillants. C’est à ce niveau de groupe à taille humaine que  s’harmonisent la raison, les sentiments et les besoins, la tête, le cœur et le ventre, les trois moteurs de l’homme.

Mais ce niveau familial peut difficilement donner de l’électricité, des routes, des trains, une aviation, des hôpitaux et des écoles et nous avons tous besoin d’un groupe plus nombreux, capable de créer des biens et des services plus importants ou plus lointains. Ces biens sont souvent plus anonymes mais nous en avons effectivement besoin et plus du tout affectivement. La patrie, la terre des pères, ou la nation, la terre où l’on est né, sont ces entités politiques qui ont commencé avec la cité et qui s’occupent des fonctions dites régaliennes comme la défense, la justice ou la police que seuls les groupes importants non affectifs peuvent remplir. Ce groupe nombreux a toujours été dans toutes les civilisations plus important que chaque individu et la vie du groupe a toujours été jusqu’à nos jours, plus importante que la vie de chacun de ses membres. C’est à ce niveau effectif que le nombre élevé de participants empêche de se contenter du don et du contre-don. C’est à ce niveau que la monnaie devient obligatoire pour remplacer le contre-don et décréter au nom du groupe que telle production sera richesse. Le contre-don était le résultat de l’effort de l’autre qui était valorisé par le don comme le don l’était par le contre-don. Don et contre-don n’avaient rien à voir avec le troc car ils étaient reconnaissances de l’utilité de l’autre et non une simple satisfaction des besoins.

Mais avec l’introduction de la monnaie, la tentation a été grande d’oublier qu’elle n’est que le substitut du contre-don et donc du travail reconnu. La monnaie est une énergie sociale, stockage d’énergie humaine dont l’intérêt premier est la rareté mais la deuxième partie du XXème siècle en a fait un instrument de manipulation du peuple pour lui faire croire que les classes politiques, universitaires et médiatiques étaient compétentes et efficaces. Avec la complicité des banques on a fabriqué des quantités invraisemblables d’argent pour faire croire au peuple qu’il pouvait moins travailler, qu’il pouvait transmettre à ses enfants plus que ce qu’il avait reçu de ses parents. On a remplacé le travail comme la propriété par la dette. On a réinventé l’esclavage par la mondialisation. Toujours par la dette on a tout automatisé et tout mécanisé pour produire toujours plus pendant qu’on se flattait d’envoyer le peuple en vacances, en week-end ou en RTT. On a fabriqué un monde qui pille la Terre pour que les machines fabriquent toujours plus avec toujours moins d’hommes pour produire et toujours plus pour consommer.

Nous arrivons à la fin d’un système par essence contradictoire qui est sans arrêt à la fois dans le trop et dans le pas assez, aussi bien en hommes qu’en argent. On a le chômage et l’immigration, le ruissellement d’argent et la pauvreté galopante. Le système a besoin de tous les excès pour ne pas avouer qu’il se trompe depuis le début et qu’il n’a pas la moindre idée du moyen de s’en sortir. On a même formaté le peuple à croire à la création annuelle de richesses pour qu’il attende tranquillement sans savoir quoi.

On a réussi à tuer le travail, à tuer la famille, à tuer la patrie pour ne pas voir le problème tellement il est monstrueux. Si pour Michel Onfray « Le bateau coule, soyez élégant, mourez debout », je préférerais que nous disions « Le bateau coule, soyons courageux, vivons debout ». Ce serait une ouverture vers tous les possibles si nous combattions nos trois défauts actuels majeurs : fuir, abandonner, pérorer.

Les intellectuels n’ont pas envie de comprendre

Depuis la déconnection du dollar de l’or par Nixon le 15 août 1971 alors que toutes les monnaies étaient connectées au dollar selon les accords de Bretton Woods, l’ensemble de l’économie mondiale est partie à la dérive sans que les puissants ne réalisent le drame puisque cela faisait si longtemps que l’on avait oublié le sens et le but de la monnaie.

L’or à l’époque était un élément de référence intéressant puisque l’augmentation mondiale d’or par son extraction annuelle correspondait fortuitement mais à peu près en pourcentage, à l’augmentation de la population active dans les pays monétarisés. Sans s’en rendre compte et sans le vouloir, les économistes avaient redonné son sens d’énergie humaine stockée aux monnaies.

Mais aujourd’hui nos intellectuels, dont les politiques et les journalistes qui se voient tous intellectuels, font croire aux peuples qui sont très heureux d’y croire, que le « développement économique » leur apportent des richesses comme les galions espagnols apportaient de l’or. C’était le développement économique de l’époque. L’expérience du XVIème siècle n’a servi à rien puisque la France n’existe parait-il que depuis 1789. Jean Bodin écrivait pourtant  « L’Espagnol qui ne tient vie que de France est contraint, par force inévitable, de prendre ici les blés, les toiles, les draps, le pastel, le papier, les livres, voire la menuiserie et tous les ouvrages de main, et nous va chercher au bout du monde l’or, l’argent et les épiceries. ». L’Espagne vivait dans les fastes et dans l’indolence en appauvrissant le reste de l’Europe par une forte hausse des prix généralisée. Le blé, base alimentaire de l’Europe de l’époque, voyait son prix tripler car il fallait nourrir les Espagnols qui ne pouvaient manger leur or. Mais encore aujourd’hui Guy Sorman qui a « enseigné l’économie » à Sciences Po, fait des éditoriaux faussement alarmistes où il déclare « Chaque nation, chaque province sera tentée de se replier sur elle-même, oubliant que l’échange est le fondement de la prospérité« . Comment peut-on faire croire que l’échange apporte la prospérité sans le faire précéder par le travail de production que nous avons abandonné ?

Le « développement économique » actuel devient complètement ridicule en se limitant de plus en plus à une production mécanisée effrénée et à une création monétaire toute aussi effrénée. La création monétaire est d’ailleurs encore plus importante que la production mécanisée car il faut donner de l’argent d’abord à la publicité, c’est-à-dire aux agences, au sport et aux médias, qui doivent tous faire croire que les productions sont toutes des richesses, ensuite à l’achat de machines de plus en plus sophistiquées et donc de plus en plus chères et enfin à l’entretien des consommateurs dont le système n’a plus besoin en tant que travailleurs puisque les machines font beaucoup mieux le travail mais en tant que consommateurs à qui il faut donner de quoi acheter.

A Davos où les intellectuels se retrouvent chaque année en janvier lorsqu’ils sont assez riches, l’année 2016 a accouché dans la fierté de leur « quatrième révolution industrielle » faite de numérisation et de robotique où l’on peut enfin supprimer en Europe 5 millions d’emplois d’ici à 2020. Heureusement Mario Draghi à la Banque Centrale Européenne prête maintenant à 0%, « sans limites » dit-il, la fausse monnaie qu’il fabrique et rachète cash aux banques toutes leurs créances pourries sur les Etats qui ne peuvent rembourser qu’en réempruntant davantage. Plus personne ne se demande « Qui paye ou qui va payer au bout du compte ? » puisque l’argent coule à flots. Les banques prêtent à tout va à quiconque veut consommer ou acheter de la pierre mais elles ne prêtent à la production que si l’on va produire ailleurs.

Certaines personnes disent « Et alors ? Quelle importance si ça marche et si ça dure ? ». Cela ne peut pas durer car nos intellectuels n’ont comme seule solution pour inverser les montées liées de la dette et du chômage, que de tenter de faire payer les autres peuples comme le font les Allemands et comme la morale de la Charte de La Havane le réprouve. Mais nous n’y sommes globalement pas bons et chez nous c’est le déficit du commerce extérieur qui monte avec le chômage et la dette. Tout le monde s’en moque puisque  la question « Qui paye ? » est devenue ringarde.

Tout cela ne tiendra que tant que nos intellectuels croiront qu’il est moins coûteux de fabriquer un robot que de faire un enfant et tant qu’ils feront payer au peuple leur incapacité à se remettre en question. Il faut leur dire le plus gentiment possible que se croire plus doué que Dieu reste probablement une erreur.