Le scandale incompris de la monnaie numérique

La Banque Centrale Européenne a informé le 18 novembre 2021 qu’elle lancera en 2023 un euro numérique. La Chine aura d’ailleurs bien avant, lancé un yuan numérique, tout cela dans l’indifférence générale.

Pour bien comprendre les conséquences de ces décisions apparemment anodines, il faut d’abord prendre conscience de ce qu’est réellement la monnaie pour apprécier les nouvelles possibilités qu’ouvre la monnaie numérique.

On continue dans la plupart des universités à affirmer qu’au début était le troc, que la monnaie a été inventée pour faciliter les échanges, qu’elle a les trois utilités définies par Aristote (moyen d’échange, réserve de valeur et unité de compte) et qu’elle peut se définir au choix des économistes qui ne se sont jamais mis d’accord, comme une marchandise, un symbole ou une institution, sans jamais être plus précis. Or aucun ethnologue ou aucun archéologue n’a jamais trouvé trace d’une économie de troc. Ce qui existait avant la monnaie n’était pas le troc mais le donner-recevoir-rendre bien expliqué par le professeur au Collège de France Marcel Mauss et toujours en vigueur aujourd’hui dans chaque famille. Qui oserait voir du troc dans la vie familiale ? La monnaie a probablement été inventée parce que dans un groupe qui s’agrandit, il faut résoudre le problème de ceux qui prennent et reçoivent mais oublient de donner et de rendre. Dans cette hypothèse, la monnaie se définit très simplement comme un véhicule commode d’énergie humaine. Elle est une preuve reconnue par le groupe d’un travail passé utile et efficace. Ce fut le cas de plumes d’oiseaux rares ou de sel, c’est le cas de l’or et de l’argent et cela est resté le cas des papiers-monnaies du XVIIIe siècle au moins à leur création. Les billets de Law étaient fondés sur les richesses du Mississipi, le rouble papier de la Grande Catherine était gagée sur ses mines de cuivre, les assignats l’étaient sur les biens confisqués à la noblesse et au clergé et le dollar continental américain était lié à la livre anglaise elle-même liée à l’or. Si toutes ces monnaies ont disparu entraînant la ruine de leurs propriétaires, c’est qu’on en a imprimé très au-delà de ce que les richesses reconnues antérieurement garantissaient. Leur multiplication systématique par les pouvoirs en place a généré la nullité de leur valeur.

Ce qui s’est passé depuis la deuxième guerre mondiale est une première dans l’histoire de l’humanité. Pour pouvoir multiplier la quantité de monnaie en tentant de lui garder sa valeur, on a imaginé une usine à gaz incohérente mais présentable à tous ceux qui se croient mauvais en économie. On est passé progressivement d’une monnaie véhicule d’un travail humain déjà effectué et déjà reconnu comme utile, à une monnaie véhiculant un travail futur sans savoir par qui ce travail, rémunéré d’avance, sera fait gratuitement. Un travail gratuit, sans aucune contrepartie, s’appelle l’esclavage et appelle la violence pour savoir qui sera esclave et qui ne le sera pas.

Il est important de comprendre les différentes étapes qui ont généré cette modification de la source de la puissance de la monnaie, passant d’un travail humain utile et efficace à un travail humain à trouver, on verra plus tard par qui. Tout s’est fait progressivement et en douceur. Les peuples ne se sont rendus compte de rien comme la grenouille chauffée lentement dans sa casserole.

Tout est parti des accords de Bretton Woods de juillet 1944 qui ont lié les monnaies au dollar et le dollar à l’or, ce qui reliait bien au départ toutes les monnaies à un travail déjà effectué.

Mais, comme d’habitude, ceux qui avaient le pouvoir ont été incapables de respecter les limites qu’ils avaient eux-mêmes posées et, pour payer les guerres de Corée et du Vietnam comme la conquête de la lune, la FED américaine a imprimé 5 fois plus de dollars qu’elle n’avait d’or à Fort Knox. Cela a permis à certains dont le général De Gaulle puis Georges Pompidou, d’aller chercher de l’or outre-Atlantique en leur renvoyant leurs papiers-dollars. Le président Nixon, voyant le stock d’or américain fondre comme neige au soleil, a été contraint de déconnecter le dollar de l’or le 15 août 1971, déliant automatiquement de l’or, toutes les monnaies liées au dollar.

Les monnaies étant déconnectées du travail passé et reconnu que véhiculait l’or, elles se sont trouvées arbitrairement connectées sans jamais le dire, et même souvent sans le savoir, à un travail futur à effectuer sans compensation puisque la compensation, l’argent, avait été distribuée avant sa raison d’être, le travail. Un travail qui est un devoir sans récompense s’appelle l’esclavage. On a inventé dans le même temps, officiellement la monnaie-dette, et officieusement le retour de l’esclavage sans savoir le moins du monde qui seraient les esclaves. La question reste encore aujourd’hui sans réponse et se précise par la paupérisation des classes moyennes.

La monnaie liée à un esclavage futur à trouver, a été gravée dans le marbre par la création de l’euro lié officiellement à des monnaies européennes qui, toutes, n’étaient plus liées à rien depuis 1971. La « planche à billets » pouvait fonctionner sans discontinuer par la double écriture bancaire, toutes deux au nom de l’emprunteur agréé par la banque, une écriture pour mettre l’argent à disposition, l’autre pour dire qu’il était dû par l’emprunteur. La monnaie numérique était née avec la monnaie dette.

Pour rendre ce scandale acceptable et surtout ne pas officialiser le retour automatique de l’esclavage, on a inventé la création de richesse en oubliant consciencieusement que la richesse n’est qu’un regard.

La création de valeur est la base intellectuelle de toute l’économie actuelle, enseignée dans les universités, diffusée par les médias et appliquée par les Politiques. La dette mondiale est énorme (plus de 30.000 € par Terrien) mais avec la « création de valeur » nous sommes supposés l’absorber avec le temps. Les richesses que nous créons doivent nous permettre de nous enrichir et il faut simplement veiller au bon partage de ces nouvelles richesses. On chiffre même cette création totalement imaginaire par le PIB que l’on a l’audace d’appeler « produit » alors qu’il n’est que le constat chiffré d’un échange. Très peu de gens sont conscients que le PIB ne mesure qu’une activité de 3 façons différentes, en chiffrant ce qui a été dépensé, ce qui a été vendu et en additionnant les factures. Certains s’agrippent à la notion de valeur ajoutée par les entreprises sans réaliser que cette valeur ajoutée n’existe que par une valeur retranchée au portefeuille de leurs clients. La vie n’est qu’échange. A partir du PIB nous nous sommes fait plaisir en parlant de croissance, de développement, de pays riches.

On en est donc arrivé à ce que, l’argent coulant à flots, il permette de produire sans discontinuer, il permette de transformer toutes ces productions en richesses en les achetant, il permette de fabriquer des machines et des robots qui fabriquent sans l’homme, il permette de faire vivre les hommes et les distraire pour qu’ils ne réalisent pas ce qui leur arrive, il permette de tuer le temps en se payant des études sur tout et même des études sur les études et des commentaires sur les études. L’argent n’étant plus limité, tout devient apparemment possible : l’homme peut devenir un robot immortel, le garçon peut être fille et inversement, noir peut devenir blanc et inversement comme le bien et le mal qui ne se distinguent plus. L’argent peut tout et il existe maintenant sans limites pour tout privilégié reconnu par une banque.

Il restait pourtant une limite : l’argent numérique créé par les banques était nominatif, au nom de l’emprunteur et, comme il fallait rembourser, les emprunteurs limitaient leurs emprunts. La dernière trouvaille, et sans doute la plus abominable, a donc été de collectiviser l’emprunteur en créant une monnaie numérique anonyme. C’est ce qui est prévu. La Banque Centrale Européenne va créer une monnaie numérique qu’elle va pouvoir distribuer pour continuer à transformer toutes les productions en richesses et elle sera créancière des peuples pour sa contrepartie. La dette mondiale publique et privée est déjà de 226.000 milliards de dollars. Elle va pouvoir grâce à la monnaie numérique des banques centrales, monter jusqu’au ciel.

On a fait sauter deux bornes de bon sens fondamentales. La monnaie n’est plus le véhicule d’une énergie humaine passée bien utilisée et le rapport entre les monnaies n’est plus fondé sur le constat d’une balance commerciale que la valeur des monnaies équilibre. Le bon sens voudrait que l’euro allemand monte et que l’euro français baisse mais nos Politiques ont décidé de faire croire que c’était le même, alors que, dans la première série, le billet allemand porte la lettre X et le billet français la lettre U. Pour la deuxième série Mario Draghi a fait supprimer ces lettres et nous avons des euros allemands qui montent et des euros français qui baissent sans être maintenant différenciables.

L’économie s’emballe en préparant l’esclavage qui la financera.

Il faut pour cela relier la monnaie numérique à l’identité numérique actuellement testée partout dans le monde grâce à la covid. Les QR codes, comme leurs noms l’indiquent, permettent aux pouvoirs d’avoir une réponse instantanée sur tout ce que nous faisons. La Chine est le premier État à créer une monnaie numérique. En cumulant l’identité et la monnaie numériques, un pouvoir tient son peuple et le prive de son argent d’un simple clic informatique quelle que soit sa fortune. C’est l’importation discrète mais officielle en occident du crédit social chinois.

Comme l’écrivait François Ponsard en 1823 dans L’honneur et l’argent :

Quand la borne est franchie, il n’est plus de limite

Et la première faute aux fautes nous invite.

En cette année électorale, quel peuple veut l’entendre ? Quel politicien veut le dire ? Quel intellectuel accepte-t-il de se remettre en question ?

Le combat à outrance qui s’engage

Il se passe actuellement un événement assez extraordinaire : une civilisation est en train d’être détruite par son élite complètement perdue, incapable de se l’avouer, et cherchant par son pouvoir sur l’argent, des solutions impossibles.

Pour aborder et surtout comprendre ce sujet surprenant et peu compris, il faut commencer par se souvenir que la vie n’est qu’action, réflexion et échange, chacun des trois nourrissant les deux autres, en en étant lui-même alimenté.

L’harmonie entre l’action, la réflexion et l’échange est une constante de toutes les civilisations comme elle est une constante des bien-êtres individuel et collectif, quel que soit le groupe. Ces harmonies sont normalement fabriquées par l’énergie humaine qui veille à l’équilibre entre les trois. Si l’action est faible, voilà les phraseurs qui débarquent. Si c’est l’échange, les activistes prospèrent. Si c’est la réflexion, moutons, pigeons, voire « mou-geons », se multiplient. Le lien permanent entre la réflexion, l’action et l’échange est essentiel. Lui seul permet l’harmonie des vies.

Nous vivons actuellement un véritable torrent d’échanges totalement factices par la faiblesse de l’action et de la réflexion qui devraient les nourrir et qui ne sont pas au niveau. Matériellement l’office mondial du commerce (OMC) a remplacé l’office international du commerce (OIC) qui exigeait une balance des paiements équilibrée, donc de vrais échanges. La réflexion qui démontre que ce n’est pas tenable est absente et l’action de l’OMC est par conséquent erratique. Mentalement les médias, les réseaux sociaux et les Politiques donnent l’illusion de vrais échanges,  d’une information et d’une écoute alors qu’ils ne sont que propagande du côté des pouvoirs et, pour ceux qui résistent, goutte d’eau d’intelligence dans un océan de bêtise.

Chacun peut voir combien l’action gouvernementale est fictive, irréfléchie ou violente mais très peu de gens réalisent que c’est la survalorisation de l’échange liée à la sous-valorisation de la réflexion et de l’action qui nourrit notre décadence.

Ce sont les réactions opposées de l’intelligence des élites et du bons sens populaire, qui génèrent sous nos yeux un combat à outrance qui ne fait que commencer et qui se terminera par la disparition d’un des belligérants.

D’un côté les peuples sentent très bien que la vie qu’on leur propose, angoissée par les peurs et oisive de plaisir, ne peut durer en dépit du matraquage des médias. Ils attendent autre chose sans bien réaliser que ce qui manque, c’est simplement l’harmonie entre l’action, la réflexion et l’échange.

De l’autre les élites, caricaturées par Soros, Gates ou le forum économique mondial de Schwab, sont en train d’utiliser l’énergie monétaire pour donner l’illusion de l’action et l’illusion de la réflexion, ce qu’ils appellent la grande réinitialisation, le « great reset » dans la langue qu’ils veulent imposer à la Terre entière. L’énergie monétaire, ou le pouvoir de l’argent pour ceux qui n’arrivent pas à voir que l’argent est une énergie, a déjà mis en place, sous couvert de démocratie, des gouvernements de médiocres mais fidèles exécutants. Cette énergie est actuellement apparemment gratuite pour ceux qui y ont accès.

L’énergie monétaire décompose l’action et la réflexion en une illusion agréable qui coûte très cher et une réalité abominable soigneusement dissimulée mais que les peuples ressentent de plus en plus.

Pour la réflexion, l’argent la confie soit à l’intelligence artificielle, soit à des élites totalement fabriquées comme McKinsey ou Attali, tous terriblement consommateurs d’argent et méprisant les peuples. Parallèlement le peuple est prié, dès l’enfance par l’éducation nationale, de renoncer à réfléchir et de se préparer à accepter un « vivre ensemble » fondé sur les fumeuses « valeurs de la république » que des spécialistes du parler creux, comme Karim Zeribi, radotent dans les médias. Le matraquage de l’éducation nationale, additionné à celui des médias, donne une baisse dramatique du niveau de réflexion que les mathématiques, le grec, le latin et la littérature forçaient à acquérir. Aujourd’hui il faut un peuple qui avale « tous vaccinés, tous protégés » à propos d’une expérimentation génique dont personne ne connait les effets à moyen et long terme et que des bonimenteurs comme Véran, étalon raté de l’humilité, appellent improprement vaccin et imposent pour des raisons dont ils devront rendre compte. Co-acteur des médias qui font de la place dans les cerveaux pour ceux qui les paient, l’éducation nationale s’emploie au même but en oubliant de plus en plus d’instruire et en enseignant un vivre ensemble idéologique au lieu d’une aptitude à agir et à réfléchir.

Pour l’action c’est encore plus grave car l’argent fabrique un monde de détente et de plaisir en croyant laisser le travail aux machines et en fabriquant un monde virtuel « metavers » où c’est l’oisiveté qui transformerait l’échange en action et en réflexion. La transformation de Facebook en Meta ne cache même plus ce mépris du peuple. Parallèlement à l’installation de cette action virtuelle et fictive, la montée sans fin de la dette mondiale publique et privée, met en place discrètement et partout, toutes les formes possibles d’esclavage puisque les gouvernants sont incapables de rendre utiles les énergies de leurs compatriotes et payent leur oisiveté plutôt que leur utilité et ce, avec de l’argent qu’ils empruntent au futur.

Zemmour qui tape à juste titre du poing sur la table, est en train de perdre des voix dont la mienne en ne semblant pas réaliser que le problème est beaucoup plus large que l’immigration, l’islam et la violence qui sont bien sûr des problèmes graves mais ne sont que des conséquences. Le problème fondamental est une fausse solution par l’argent qu’une intelligence dévoyée veut imposer en oubliant que chaque individu est respectable et utile au bien commun, l’inverse de ce qu’Attali disait en 1981 quand, jeune coq, il voulait tuer les vieux. Cette intelligence dévoyée, très installée en occident, mène ses peuples et le monde vers l’esclavage et la guerre. Mgr Vigano qui a été nonce à Washington sonne à très juste titre le tocsin et le cardinal Sarah pose les vrais problèmes. C’est seulement en les relayant que Zemmour prendra vraiment le risque de gagner.

Nier l’énergie monétaire, c’est assister impuissant, voire complice, à la montée de toutes les folies et à l’extinction de notre civilisation

Depuis Aristote les intellectuels ont limité l’approche de l’argent à trois de ses utilités sans jamais tomber d’accord sur sa définition. Qu’il soit, une réserve de valeur, un moyen d’échange et une unité de compte est une évidence dont il faut remercier Aristote. Qu’il soit aussi une façon de forcer les paresseux à être utile au groupe, est une autre utilité trop oubliée et pourtant probablement la cause première de son invention lors de l’accroissement des groupes humains. Mais pourquoi l’argent a-t-il tout ce pouvoir, est une question dont la réponse ne semble intéresser personne.

Quelle est donc cette matière suffisamment valorisée pour devenir un stock et une réserve de valeur et de puissance ? Cela fait vingt-cinq siècles que nous refusons de tomber d’accord sur la réponse à donner à cette question en nous contentant de mots qui sont supposés répondre à la question sans l’ombre d’une explication. Certains disent que c’est un signe sans dire de quoi, d’autres une institution sans dire laquelle, d’autres encore n’y voit qu’une marchandise sans jamais expliquer pourquoi elle est si demandée.

L’argent habille, loge, nourrit, transporte, distrait, chauffe, refroidit, construit, détruit, tue, éduque. Longue est la liste des verbes qui répondent à nos désirs et que l’argent réalise. Tout le monde constate son action et personne ne s’interroge sur l’origine de son énergie. Il y a ceux qui sont tellement imbus d’eux-mêmes et de leur vision du monde qu’ils nient l’énergie monétaire parce qu’ils sont incapables d’en expliquer la source et que ne peut exister à leurs yeux ce qu’ils ne savent expliquer eux-mêmes. Il y a ceux qui, comme des enfants à Noël, s’émerveillent devant l’utilité de l’argent et arrêtent là leur réflexion sans chercher à savoir d’où vient cet aspect merveilleux. Dans ces hommes-enfants, certains s’émerveillent encore davantage de constater que cet argent est actuellement apparemment souvent gratuit, au moins pour certains.

Cet enfantillage général, très en vogue dans la caste mondialiste comme chez les souverainistes, n’avait guère d’importance tant que l’argent était un métal précieux, car posséder de l’or ou de l’argent nécessitait une grande dépense préalable d’énergie humaine. La vie n’étant principalement que travail et échange, l’argent était, sans le dire, stockage et vecteur d’énergie humaine bien utilisée. La définition de la monnaie n’était pas écrite mais elle était reconnue à défaut d’être connue. La monnaie était naturellement stockage et vecteur d’énergie humaine bien utilisée. Seule l’énergie humaine bien utilisée donne en effet sa force à l’énergie monétaire.

L’énergie humaine étant limitée, l’énergie monétaire l’était naturellement par la rareté de l’or et elle était utilisée avec parcimonie pendant de multiples siècles.

Mais la deuxième moitié du XXe siècle a complètement chamboulé cette harmonie en inventant la monnaie-dette dont l’énergie provient, non plus d’une énergie humaine antérieurement bien utilisée mais d’une énergie humaine à bien utiliser demain. Au constat d’un passé intelligent se substitue un espoir de futur remarquable. Le réel n’est plus la base, l’espoir et le fantasme lui succèdent. Nous sommes entrés dans un monde où le fantasme devient réalisable puisqu’il est possible de l’acheter si une banque, quelle qu’elle soit, crée l’argent nécessaire.

Il faut en effet bien comprendre ce qu’est la monnaie-dette. N’importe quelle banque crée de l’argent dans ses livres par la double écriture d’une même somme, une fois à son passif pour être mise à la disposition immédiate de son client et une autre fois à son actif pour être récupérée avec intérêt dans le temps sur le même client. On en arrive à lire sur Wikipédia que « la monnaie est une dette envers son émetteur », ce qui est malheureusement devenu vrai puisque son énergie a déjà été dépensée alors qu’aucune énergie humaine n’a encore été sollicitée. Qui est conscient aujourd’hui qu’avoir un billet de banque en main n’est plus avoir une créance sur n’importe quel membre du groupe comme cela a été le cas pendant des siècles, mais avoir une dette vis-à-vis de la banque ? On s’achemine à cause de la monnaie-dette vers un esclavage pour dette généralisé. Comme c’est très difficile à faire comprendre et surtout à faire admettre, la dette augmente sans arrêt sans que l’esclavage qui en est la compensation énergétique indispensable et donc la conséquence inéluctable, ne montre pour l’instant plus que le bout de son nez. En attendant la dette monte, monte, monte.  Business Insider le confirme :

Le niveau d’endettement dans le monde pourrait pour la première fois dépasser 300 000 milliards de dollars à la fin de l’année 2021, selon l’Institute of International Finance (IIF), qui a publié son dernier rapport sur la dette mondiale mardi 14 septembre. La dette, publique et privée, a de toute façon d’ores et déjà atteint un montant record, de 296.000 milliards de dollars, soit environ 250.300 milliards d’euros. Au deuxième trimestre, 4,8 milliards de dollars se sont ajoutés à la montagne de dettes.

Plus de 35.000 € de dette par habitant de la Terre qui doivent être énergisés par une énergie humaine sans contrepartie puisque la contrepartie a déjà été utilisée ! Une énergie humaine utilisée sans contrepartie s’appelle l’esclavage.

L’énergie au départ inexistante de cette monnaie que l’on peut appeler fausse monnaie, n’est fondée que sur l’énergie humaine que la banque croit que sa monnaie va stimuler. En fait cette fausse monnaie va transformer des productions en richesses apparentes en les achetant. Cela permet aux journalistes de répéter en boucle et en toute bonne foi l’erreur que le PIB est la création annuelle de richesse du pays alors qu’il n’est que l’utilisation, intelligente ou stupide, de cette énergie monétaire qui n’est qu’apparence. Les banquiers le savent très bien puisqu’ils affirment détruire cette fausse monnaie dès qu’elle leur est remboursée.

Ce système aberrant qui met la charrue avant les bœufs, la jouissance avant l’effort, le résultat avant l’opération, permet de croire réalisable toutes les folies, tous les rêves insensés. Rien désormais n’est impossible à l’homme et, depuis 50 ans, nous n’arrêtons pas de croire réalisable et d’imposer par la loi une avalanche de fausses vérités que la fausse monnaie rend provisoirement crédibles. Tous les équilibres instables deviennent dogmatiquement stables comme la « création de richesse », « le développement durable », le transhumanisme, l’intelligence artificielle, l’immigration assimilable et tant d’autres, tous appelés « valeurs » fondés sur un individualisme maladif et des peurs soigneusement entretenues.

Nous en arrivons à croire qu’un robot qui coûte une fortune avec une intelligence artificielle qui n’en coûte pas moins, va remplacer l’homme qui n’avait coûté pendant des millénaires que de l’amour. On comprend tellement mal l’argent que de plus en plus de gens s’imaginent que le bien-être est un droit et non la résultante d’un effort. Si nous continuons à croire cette imbécillité, toute la Terre continuera à venir profiter de notre bêtise le temps de nous faire disparaitre et de nous remplacer.

Le mythe éternel de l’énergie gratuite

Qu’il est difficile d’aborder toujours le même sujet en en changeant simplement l’angle d’attaque !

C’est pourtant indispensable tellement il est le sujet fondateur de toutes nos dérives et tellement il est soigneusement éludé par la troïka médiatico-politico-universitaire qui se repose ou se vautre dans la pensée unique expliquant tout par des charabias variés incompréhensibles cherchant à anesthésier et ne réussissant qu’à faire monter l’angoisse. Ceux qui disent ne rien comprendre à l’économie en sont les complices objectifs. Qui veut réellement s’intéresser à notre avenir, doit obligatoirement s’intéresser à la question de l’énergie gratuite qui est la pierre angulaire de toutes les fins de civilisation. Nous sommes en train depuis 50 ans de vivre la nôtre sans même prendre conscience que nous mourons de l’utilisation d’une énergie gratuite qui n’existe pas. Savoir comment réagir va être le débat de l’élection présidentielle. Il serait stérile, et menteur ou haineux, s’il n’abordait pas le sujet de fond.

L’énergie gratuite est l’apanage des dieux mais les hommes ont toujours rêvé d’être des dieux et de construire leur vie sur une énergie gratuite. Pendant des siècles ils se sont contentés de multiplier au moindre coût leur propre énergie. Cette multiplication s’est faite d’abord par l’outil, puis par l’esclavage et enfin par la domestication des énergies naturelles au fur et à mesure de la capacité des hommes à s’en servir. L’Afrique est restée jusqu’au XXe siècle à l’esclavage pendant que l’Asie avançait et que l’Amérique et l’Europe avançait plus rapidement en achetant l’esclavage structurel africain. Ainsi sont apparus partout petit à petit la marine à voile, les moulins à vent ou à eau, la traction animale, les serres, le feu, le charbon, le pétrole, le gaz, la fission nucléaire et bientôt la fusion nucléaire. Mais sans aucune exception, c’est toujours l’énergie humaine qui a libéré et domestiqué les énergies naturelles. Elle continue à se dépenser pour trouver comment libérer et domestiquer l’énergie nucléaire par fusion et celle de l’hydrogène.

Là-dessus est arrivé l’argent, la monnaie que nos élites médiatico-politico-universitaires n’ont jamais pris la peine de définir, se contentant depuis 24 siècles des trois utilisations proposées par Aristote : unité de compte, réserve de valeur et moyen d’échange. On commence par écarter l’hypothèse la plus vraisemblable que la première utilité de la monnaie, la cause même de sa création, est la chasse aux paresseux dans un monde structuré par le donner-recevoir-rendre des familles ou des tribus. La croissance du groupe rendant impossible la surveillance des paresseux par le chef de famille ou de tribu, la monnaie va les remplacer. Il est navrant de constater que l’on enseigne toujours péremptoirement la stupidité non défendue mais assénée que la monnaie a remplacé le troc alors que le troc n’a jamais existé qu’entre des groupes qui ne se faisaient pas confiance et jamais, nulle part, entre des individus d’un même groupe. La monnaie a été très probablement créée partout quand il a fallu forcer les paresseux à dépenser leur énergie et à arrêter de prendre sans rendre. Le principe en est simple : c’est une matière transportable, pérenne, divisible et obtenue par une dépense d’énergie humaine reconnue utile. Cette matière devient donc stockage et vecteur d’énergie humaine ne remplaçant pas le troc mais au contraire l’introduisant dans la vie quotidienne par manque de confiance en l’autre. La monnaie, créance sur le groupe a été pendant des siècles une matière reconnue elle-même comme une richesse, vecteur d’énergie humaine bien utilisée, et instrument d’un troc rendu nécessaire par la paresse de certains. Ce n’est malheureusement pas du tout ce qui est enseigné à l’université où les étudiants, pour être diplômés, répètent sans comprendre ce qu’on leur a embecqué

Là-dessus est arrivé au XVIIIe siècle le papier monnaie toujours garanti par une richesse préalablement reconnue. Des billets de Law sur les richesses de la Louisiane, aux assignats sur les richesses de la noblesse et du clergé, en passant par le rouble de la Grand Catherine sur ses mines de cuivre ou par le dollar continental américain sur la livre sterling anglaise, tous les papiers-monnaie appuyaient leur valeur à leur création sur des richesses déjà obtenues par des dépenses intelligentes d’énergie humaine. Mais le rêve de l’énergie gratuite a partout pollué les pouvoirs et il est tellement facile d’imprimer du papier que tous y ont succombé. Le papier-monnaie a été tellement imprimé qu’il a perdu son équivalent richesse réelle et par conséquent sa valeur. En ruinant ses détenteurs il a tout de même permis au Régent de payer les dettes de Louis XIV, à la bourgeoisie française de s’approprier les biens du clergé et de la noblesse, à Catherine II d’augmenter le territoire russe de 500.000 km² et aux Américains de financer leur guerre d’indépendance. Il a été partout un impôt sur les malheureux qui y ont cru et sur ceux qui ont été forcés d’y croire par la violence légitime du pouvoir.

Nos élites n’ont jamais oublié tout ce qu’elles avaient pu faire avec l’énergie apparemment gratuite des papiers-monnaie et ont toujours regretté que cela s’arrête aussi vite tant ils pouvaient tous se croire des dieux. Il leur a fallu près de deux siècles pour que leur fraction anglo-saxonne trouve comment détacher le papier-monnaie d’une richesse réelle tout en laissant le peuple croire que l’argent avait encore une valeur. Dans un premier temps les accords de Bretton Woods glissèrent le dollar comme intermédiaire imposé entre les monnaies et l’or puis 17 ans après, au milieu de l’été, l’Amérique a unilatéralement et discrètement déconnecté le dollar de l’or. 11 ans plus tard en Europe l’union des imbéciles et des salauds a signé le traité de Maastricht qui crée l’euro lié à des paroles qui s’envolent. L’ensemble des banques peut dorénavant créer de la monnaie par la double écriture, une écriture au passif créant l’argent mis à disposition et la même écriture à l’actif représentant la richesse à créer demain mais déjà scandaleusement considérée comme un actif existant. Les banques appellent cette fausse monnaie, la monnaie-dette, et, juges et parties, elles ont créé elles-mêmes à Bâle de fausses limites pour faire croire à leur sérieux. Le tour est joué. L’énergie gratuite coule enfin à flots et les élites vont l’utiliser en retardant par tous moyens la ruine des peuples qui l’utilise. Dans le traité de Maastricht on redéfinit le sérieux en en habillant le burlesque : on ne peut pas dépenser chaque année davantage que 3% de plus que ce que l’on a déjà dépensé l’année précédente et on ne peut pas emprunter davantage que 60% de ce que l’on a dépensé. Ce dernier critère, le seul qui freinait un peu la folie a volé en éclats dans le silence général. Comme personne ne cherche à comprendre, cela passe comme une lettre à la poste et le désastre peut enfin commencer qu’il soit voulu par certains ou simple conséquence de l’incompétence de l’élite déguisée en ministres.

L’élite se sert et arrose de subventions tout ce qui peut la servir et la maintenir au pouvoir. Elle achète l’esprit des peuples et l’idée que demain sera merveilleux, créateur de richesses qui paieront ce dont nous jouissons aujourd’hui. Tout devient possible et toutes les folies réalisables. Ce faux eldorado est tellement merveilleux qu’il attire la terre entière. Anecdote vécue avec un chauffeur de taxi parisien d’origine tunisienne qui disait « Chez nous tu travailles pas, tu manges pas, en France tu travailles pas, tu manges quand même. Alors on vient tous ». On se paye sans le savoir des ONG et des associations qui vont réaliser tous les fantasmes par une avalanche d’obligations, d’interdictions et de normes. Le réel résiste, il devient pervers et complotiste. Mais comme il est la réalité, il s’insinue partout, baisse le niveau de vie et fait prendre petit à petit aux peuples conscience de la médiocrité égoïste de l’élite qui les achète.

Nous en sommes là à l’aube d’une campagne où l’élite va une fois de plus faire semblant de se soumettre au peuple en le lui faisant croire par une débauche d’argent qui n’est plus limité, sauf pour les rares qui voudraient être honnêtes et qui auront un mal fou à s’exprimer.

Tant que les rares intellectuels honnêtes se feront conseiller en économie par des banquiers et ne réaliseront pas que l’énergie monétaire n’est qu’un vecteur d’énergie humaine préalablement stockée dans les richesses où à récupérer dans un esclavage prochain, tant que Jean-Marc Jancovici dira « du pognon, il y en a » et qu’Éric Zemmour dira « Profitons-en, l’argent est gratuit », tant que le pouvoir n’utilisera pas l’énergie humaine inexploitée en recréant les ateliers nationaux donnant du travail en CDD à tous ceux qui aiment la France, nous continuerons à nous affronter sur des problèmes insolubles parce qu’ils ne sont que les conséquence d’un problème que nous ne voulons pas voir. Pire, on résout prétendument les problèmes en inondant tout d’une fausse monnaie qui empire le problème fondamental dont ceux que l’on croit régler ne sont que les conséquences.

Qui expliquera au peuple qu’hélas nous ne sommes pas des dieux et que l’énergie apparemment gratuite de la fausse monnaie n’est que le prélude à son esclavage pour que les fantasmes de certains se réalisent ?

Vue d’ensemble : le siècle des Lumières a fait du progrès, l’antichambre de l’esclavage

 

Le progrès c’est bien, l’esclavage c’est mal. Cette approche manichéenne est celle qui nous est inculquée par nos mentors médiatiques, politiques et universitaires. Est-ce aussi simple ? Avons-nous bien compris ce qu’est ce progrès dont nous sommes si fiers ?

Etymologiquement progrès veut dire marcher en avant mais en français, progrès a voulu dire pendant des siècles marcher de façon organisée puisqu’une armée progressait même quand elle reculait. C’est au XVIIIe siècle que progresser est devenue « aller vers le mieux » au point qu’il a fallu utiliser le verbe évoluer, mot savant et créé depuis peu, pour remplacer progresser qui avait perdu sa neutralité.

Il y a dans progrès une définition cachée du bien qui ne souffre aucune discussion, aucune remise en cause, aucune description. C’est agréable donc c’est bien, point final. Qui oserait dire qu’il est contre le progrès ? Pourtant quand un alpiniste progresse, il monte, quand un spéléologue progresse, il descend. Comment différencier entre monter et descendre, ce qui est progression et ce qui est régression ? Nous progressons quand nous allons dans le sens que nous décidons. Mais il suffit de dire aujourd’hui que notre décision est un progrès pour l’inscrire dans le camp du bien même si c’est exactement l’inverse. L’histoire n’a plus le sens que les historiens lui donnaient, nous nous sommes convaincus d’un sens de l’histoire appelé le progrès au singulier. C‘est le bien sans avoir à le définir.

Ainsi laïcité, démocratie et parité sont devenues des progrès puisqu’elles remplacent les religions dans la définition du bien et du mal. La spiritualité n’est plus tolérée que si elle n’est pas collective et c’est l’avis majoritaire qui devient le bien. Cet avis majoritaire est fabriqué par les universitaires qui se stérilisent depuis des années dans l’autoreproduction et se sont autoproclamés « communauté scientifique ». Il est diffusé par les médias appartenant tous à des milliardaires subventionnés. Les politiques sont fabriqués par l’avis majoritaire à l’instant de l’élection et ils renvoient l’ascenseur en interdisant la vérité quand elle dérange à l’exemple des statistiques ethniques. Même le doute, base de la vraie science, est interdit quand la vérité est obligatoire. C’est le cas des lois mémorielles et de la pantalonnade « sanitaire » actuelle.

Il n’est pas nouveau que l’ambition, l’intolérance et l’ignorance imposent des incohérences, Véran n’invente rien. Toutes les civilisations l’ont connu. Elles y ont résisté par le bon sens populaire qui n’a pas mis son énergie au service de l’incohérence. Les civilisations meurent quand elles ne savent plus résister à ces trois défauts chez leurs dirigeants. Mais ce qui est complètement nouveau et que l’humanité n’a jamais connu où que ce soit, c’est l’utilisation d’une énergie monétaire factice pour remplacer une énergie humaine méprisée et pour faire croire à la cohérence de l’incohérence. L’humanité n’avait jamais connu une monnaie dette fondée sur des richesses à créer. Toutes les monnaies, sans aucune exception, avaient toujours été fondées sur des richesses déjà constatées. Il a fallu créer l’euro sur des équivalences avec des monnaies européennes déjà existantes pour faire semblant d’oublier que ces monnaies n’étaient plus liées à quoi que ce soit comme richesse constatée, et ce, depuis le 15 août 1971. La monnaie n’est plus stockage et véhicule d’énergie humaine. Elle est devenue l’institution d’une promesse d’énergie humaine future, billet escomptable immédiatement. Combien de fois faudra-t-il répéter qu’utiliser tout de suite une énergie qui ne sera alimentée par l’énergie humaine que plus tard, revient à laisser à nos successeurs une énergie humaine à dépenser pour rien, la contrepartie ayant déjà été consommée? Cela s’appelle l’esclavage et seules les guerres départageront les esclaves, non pas des maîtres, mais de ceux qui pourront éviter provisoirement d’être esclaves.

La fausse monnaie rend provisoirement crédible l’incohérence et, malheureusement pour nous, seul l’islam s’accroche à une cohérence qu’il cherche à imposer comme toutes les religions quand elles croient à ce qu’elles disent. Nous devons réapprendre que seule la spiritualité collective définit le bien et le mal, même si la laïcité veut enfermer la spiritualité dans l’individuel privé. Nous devons réapprendre que l’avis majoritaire a aussi donné les lynchages, les pogroms et l’assemblée nationale actuelle qui ne représente pas le peuple mais l’argent dépensé à la faire élire. Nous devons réapprendre, avant que notre race ne s’éteigne, que la parité dans les maternités est plus qu’aléatoire. Nous devons réapprendre que le progrès réel vient d’énergies humaines bien utilisées et que le progrès actuel est factice car nourri quasi exclusivement d’énergie monétaire, nourrie elle-même d’esclavages à venir. L’argent peut apparemment tout mais l’angoisse généralisée vient de l’évidence que notre eldorado n’est que provisoire car il a oublié à la fois, et la cohérence et l’harmonie. Nos élites, soit le savent et s’en moquent, soit refusent d’étudier l’origine de la force de la monnaie. Nos élites organisent, sans même s’en rendre compte, l’arrivée inéluctable de l’esclavage tout en promettant un eldorado toujours plus agréable. Le fossé se creuse entre elles et nous.

Il y a exactement 50 ans aujourd’hui …

 

Il y a exactement 50 ans aujourd’hui, le 15 août 1971, le président Nixon déconnectait le dollar de l’or et par là même, toutes les monnaies qui lui avaient été liées par les accords de Breton Woods de juillet 1944. Depuis ce jour les monnaies ont été officiellement confiés aux Politiques sans que les peuples en aient été informés. Depuis ce jour fatidique les Politiques par l’intermédiaire des banques peuvent créer autant d’argent qu’ils en veulent par l’invention diabolique de la monnaie dette qui reporte à plus tard l’apport à la monnaie de sa capacité énergétique utilisée tout de suite.

Cela permet « en même temps » le double langage contradictoire du « il n’y a pas d’argent magique, les caisses sont vides » et du « déblocage » de milliards d’euros inexistants avec la phrase inexprimée : « cet argent doit vous faire accepter sans vous révolter les décisions que nous prenons à votre place après avoir bien cadenasser que vous seriez les seuls responsables des conséquences de nos erreurs ».

C’est Nixon qui sans le vouloir a permis les pantalonnades de Macron et autres Véran en ne freinant plus leurs fantasmes par la rareté de la monnaie.

Il est temps de revenir à la vraie valeur d’une monnaie qui ne s’apprécie que par les échanges internationaux. C’est en valorisant, chacune avec sa monnaie, les deux lots de biens et de services jugés équivalents par les deux nations et qu’elles s’échangent, on pourrait dire troquent, que l’on obtient par comparaison des deux résultats, les valeurs respectives des deux monnaies. De même qu’il ne pouvait y avoir une valeur du franc en Bretagne et une autre en Provence parce qu’il n’y avait pas de balance commerciale entre la Bretagne et la Provence, de même il est intellectuellement impossible d’avoir la même monnaie dans deux entités géographiques qui ont une balance commerciale entre elles. Qui l’expliquera aux défenseurs de l’euro, aux professeurs d’économie, aux médias et aux Politiques ? Doit-on vraiment les croire assez stupides pour ne pas l’avoir compris ? Ne faut-il pas plutôt croire à la lâcheté, à la corruption et au jmenfoutisme qui caractérisent nos dirigeants et qui commencent réellement à faire davantage peur que les peurs fabriquées, alimentées et martelées, sanitaires, climatiques, terroristes ou nucléaires ? Toutes ces peurs ne sont fabriquées à grand frais que par l’armée d’inutiles grassement payés à terroriser les foules pour qu’elles se réfugient auprès de leur berger quand un orage inéluctable se prépare.

Une fois rendus à l’évidence qu’il ne peut y avoir une seule monnaie pour des pays différents puisqu’il y a entre elles des balances commerciales qui font varier la vraie valeur des monnaies dans des sens opposés, on observe la valeur devenue uniquement spéculative de monnaies qui sont à la fois surévaluées ici et sous-évaluées là. Ces monnaies sans valeur dont l’utilisation actuelle ne se nourrit que des esclavages futurs des peuples, sont le problème premier qui autorisent tous les autres.

Pendant que les Allemands préparent de fait en Europe le 4e Reich et que les Chinois préparent la domination mondiale de leur idéologie, les pays importateurs deviennent petit à petit les esclaves des pays exportateurs pendant que tout un monde de financiers s’enrichit sur le dos des peuples en spéculant sur les monnaies. Il est triste d’observer que nous sommes tellement intellectuellement intubés que nous nous époumonons sur les multiples conséquences sans vouloir en affronter la cause unique. Nous illustrons la phrase de Bossuet en maugréant sur les conséquences dont nous chérissons la cause.

 

 

Croissance ou décroissance ?

Quand on veut faire croire que quelque chose existe, il suffit de le chiffrer et comme la plupart du temps quasiment personne ne sait comment ce chiffrage est fait, ce quelque chose devient une réalité sur laquelle une idéologie peut s’appuyer pour devenir officiellement un mieux à atteindre. La troïka universitaire politique média nous enfume régulièrement avec ces chiffrages qui emmènent les peuples là où ils ne voudraient pas aller mais où la troïka veut qu’ils aillent pour diverses raisons. Nous l’avons vu récemment avec le chiffrage quotidien des morts du covid ou celui de l’augmentation du CO2. A l’inverse lorsque la troïka ne veut pas voir une réalité quelle qu’en soit la raison, elle en interdit le chiffrage comme c’est le cas pour les statistiques ethniques.

Pour l’économie le chiffrage de la croissance est le PIB dont quasiment personne prend la peine de savoir comment il est calculé et que l’on fait marteler mensongèrement par des gens de bonne foi comme étant le chiffrage de notre création annuelle de richesse. La croissance devient le mieux qui doit nous permettre de vivre mieux demain qu’hier ou de nous offusquer du vol par certains de cette manne annuelle.

La lâcheté des intellectuels est telle qu’ils se contentent souvent de définir le PIB par la valeur ajoutée par les entreprises en oubliant volontairement qu’un boulanger produit certes du pain mais que ce pain n’est richesse que si un client vient l’acheter.

Nous avons soigneusement oublié la phrase de Lavoisier « Rien ne se crée, rien ne se perd : tout se transforme ». Nous continuons à le guillotiner consciencieusement en refusant de voir que tout est à somme nulle. Il n’y a pas de domaine où une augmentation n’est pas compensée intégralement par une diminution de même montant si on la chiffre. L’économie comme tout le reste est par définition à somme nulle.

Jouir et élaborer ont par définition le même chiffrage et c’est la difficulté de leur chiffrage qui permet à la troïka de faire croire faussement que l’on peut jouir davantage sans travailler davantage. Croire que c’est grâce à notre intelligence que nous vivons matériellement mieux que nos prédécesseurs, est pure vanité. Nous vivons matériellement mieux parce que d’autres vivent matériellement moins bien tout en étant réputés par la troïka vivre mieux et être sortis de la pauvreté puisqu’ils ont la capacité de dépenser davantage.

Et voilà l’argent qui vient comme partout s’insérer dans tous les jeux à somme nulle pour faire croire à la chimère si agréable de la création de richesses par les hommes. Il suffit de dépenser, de l’investissement réputé intelligent au gaspillage stupide en passant par la consommation normale, pour augmenter le PIB qui additionne toutes les dépenses en refusant de les classer qualitativement. On y additionne sans vergogne le chiffrage de l’utile, de l’inutile et du scandaleux. L’important est de faire croire que ce chiffrage est celui de notre création de richesse qui nous permet de donner plus à nos enfants que nous avions reçu de nos parents. Oublier que tout est à somme nulle fausse tous les raisonnements et rend inintelligentes les décisions prises quel que soit le domaine.

La troïka épuise son énergie à faire croire à l’intelligence de décisions économiques stupides niant la réalité de la somme nulle. Elle n’arrête pas d’augmenter ses effectifs pour tenter sans aucun espoir de prouver la création de richesse et se donner bonne conscience.

On en arrive au titre de cet article. La croissance est la négation stupide mais vénérée de la somme nulle. La décroissance est la multiplicité des chemins qui tentent maladroitement, faussement ou réellement de retrouver la somme nulle. Là encore le problème sera résolu par la violence si l’intelligence refuse de s’en emparer et là encore la troïka utilise l’énergie monétaire qu’elle fabrique pour faire croire qu’un bout de papier remplace avantageusement un homme. Elle ne fait bien évidemment que reporter les problèmes en les compliquant et en veillant à ce que les peuples ne se réveillent pas. Il est si facile de fabriquer de l’argent que la somme nulle ne compense plus par du travail passé mais par un esclavage futur.

L’énergie monétaire de la troïka lutte pied à pied contre l’énergie de la réalité qui ne peut que s’imposer. Y aura-t-il en 2022 un seul candidat à soulever le seul vrai problème de fond ?

L’harmonie perdue entre l’individuel et le collectif

L’harmonie entre l’individuel et le collectif est la recherche permanente de tous les pouvoirs et elle génère une civilisation chaque fois qu’elle est trouvée.

Jusqu’à la deuxième partie du XXe siècle, le modèle de cette harmonie a toujours et partout été la famille comme l’oïkos grec, la domus latine ou toutes les tribus de par le monde. Le capitalisme a profité de la déconnexion toute récente des monnaies de toute richesse préalablement reconnue, pour imposer l’entreprise comme nouveau modèle d’harmonie entre l’individuel et le collectif. Le passage s’est fait en douceur car l’entreprise, qu’elle soit artisanale, commerciale ou industrielle, n’était au départ qu’une copie de la structure familiale. Mais l’entreprise utilise, beaucoup plus que la famille, l’énergie monétaire pour pallier le manque éventuel d’énergie humaine. Et l’énergie monétaire étant nouvellement et apparemment inépuisable, le capitalisme a déifié les entreprises, leur attribuant même le rôle de créateur de richesses jusque-là réservé aux dieux, alors que la famille a toujours dû se contenter de l’énergie humaine éternellement limitée.

Depuis 50 ans à partir de la légalisation du divorce et l’avalanche d’IVG, de PACS, de mariage unisexe, de PMA et de GPA, nous tuons systématiquement la famille par sa fragilisation, la dilution de sa direction et notre désintérêt pour son harmonie. Sa « recomposition » et son invention « monoparentale » soumettent le collectif à l’individuel au lieu de les harmoniser. La famille n’est volontairement plus le modèle de l’harmonie avec son énergie humaine.

En même temps nous survalorisons l’entreprise qui créerait une nouvelle harmonie en réalité complètement fallacieuse. Non seulement l’entreprise harmoniserait l’individuel et le collectif mais elle créerait des richesses grâce à l’énergie monétaire. Le « développement économique » serait le partage de ces richesses.

En réalité l’entreprise produit en transformant mais c’est son client qui fait de sa production une richesse en l’achetant. Il n’y a, macro économiquement parlant, aucune création de richesse, il y a échange d’une production avec une richesse déjà reconnue, l’argent. C’est la rareté habituelle de l’argent qui donne la qualité de richesse à la production de l’entreprise. Il suffit de fabriquer de l’argent pour qu’une production qui n’est en réalité que déchet ou embarras, devienne apparemment richesse. Dans l’harmonie familiale le dessin de l’enfant est l’un des pendants de la production de l’entreprise. Il n’est richesse que s’il est échangé avec le regard admiratif de la famille et il se transforme en déchet dès qu’il n’intéresse plus. La valeur que les entreprises ajoutent, la fameuse valeur ajoutée dont la somme est chiffrée par le PIB, n’existe que si le client s’appauvrit en monnaie non seulement de cette valeur ajoutée mais aussi de la valeur de tout ce qu’il a fallu acheter pour produire.

Alors que le développement économique avait toujours été le constat des richesses créées par l’énergie humaine et constatées par leur échange avec une richesse préalablement reconnue, il est devenu le constat de richesses à la fois et « en même temps » créées et constatées par une énergie monétaire que l’élite auto proclamée voit inépuisable en l’appelant marchandise, signe, institution, convention ou tout autre mot à ne surtout pas creuser.

L’alliance sur ce point, mafieuse ou incompétente, des universitaires, des politiques, de la finance et des médias est d’une telle force qu’il est devenu une donnée d’évidence incontournable que l’on peut faire vivre une civilisation grâce à une énergie monétaire venue de nulle part, laissant les hommes dépenser leur énergie en salle de sport, en jogging, en ski ou en farniente. Le déluge d’énergie monétaire factice crée une hausse des prix de l’immobilier qui contribue encore davantage à la destruction de la famille qui a de plus en plus de mal à se loger décemment. Cette folie collective laisse croire à la réalité d’un eldorado qui attire la Terre entière, où nous travaillerions toujours moins n’ayant plus comme seul souci que de remplir notre temps libre et de nous extasier sur notre transhumanisme terriblement consommateur d’énergie monétaire gratuite. Le travail se réduirait d’ailleurs de plus en plus à l’inutilité de transmettre des papiers, imposer des normes et vérifier qu’elles soient respectées par les autres.

Le peuple est perdu et en accuse l’élite. L’élite est perdue et en accuse le peuple. Tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience que l’énergie monétaire est limitée par l’énergie humaine qui la crée, la violence continuera à monter et notre civilisation à mourir de l’impéritie de ses élites. Pour ne prendre que deux exemples de scientifiques, le polytechnicien Jean-Marc Jancovici claironne à Sciences-Po que « Du pognon, il y en a ! » et Yves Montenay, centralien, Sciences-Po, bombardé professeur d’économie toujours à Sciences-Po, a écrit le 23 juin 2021 sur son blog La reprise et la dette « pour les nuls » dans lequel il écrit de façon condescendante l’énormité suivante :

Quel sera l’impact du remboursement ?

C’est très difficile à évaluer. Si vous remboursez votre dette, votre créancier reçoit votre argent. Ce dernier n’a donc fait que se déplacer et ça ne change rien.

En fait tout dépend qui est le créancier et ce qu’il fera de l’argent, ce qui est imprévisible. On peut néanmoins imaginer qu’après une cascade d’intermédiaires, l’argent retombe chez un particulier ou une entreprise, qui elle-même va commander, consommer ou investir… donc, a priori, rien de bouleversant. Sinon qu’il faut être conscient qu’on ne sait pas, et qu’il faudra de l’agilité pour se placer commercialement au bon endroit !

Avec le rebond de la consommation, une grande partie des entreprises va retrouver une activité normale et remboursera ses dettes et le gros du problème de l’endettement disparaîtra de lui-même.

Dans son esprit scientifique il est inutile d’acheter son pain puisque, acheté ou pas, le pain et l’argent n’ont « fait que se déplacer et ça ne change rien ». Comme quoi intelligence et bon sens ne font pas toujours bon ménage chez les « professeurs » d’économie.

Pour la présidentielle de 2022, de Zemmour à Macron, de Le Pen à Mélenchon, dans toute la palanquée de socialistes, d’écologistes et de républicains, tous aussi divers qu’inconciliables, chacun a sa solution miracle et personne n’ouvre encore les yeux. Il y a pourtant urgence.

La digue a sauté et on se bat sur l’origine de l’eau

Devant le délitement général de l’ensemble des pays occidentaux, il y a la réaction actuelle de l’immense majorité des gouvernements qui pensent tous détenir la vérité et qui l’imposent par des avalanches de normes et de lois dans tous les domaines de la vie. Tant pis si cette approche s’est ridiculisée lors de l’épidémie actuelle. Les décideurs médiatiques, universitaires et politiques, se confortent entre eux et savent tous que leur inutilité serait flagrante s’ils ne la masquaient pas par des obligations et des interdictions, fussent-elles irrationnelles et inefficaces. L’important est de faire suffisamment peur pour qu’une majorité des peuples se rassemblent derrière eux. Les peurs sont attisées dans toutes les directions, sanitaire, climatique, économique, nucléaire, terroriste. C’est la nouvelle écologie. La réflexion étant assoupie, il ne reste que l’action et la communication qui ne fournissent même plus l’expérience et la connaissance qu’elles apportaient à la réflexion. Tout n’est que pseudo-tolérance et pseudo-efficacité avec la réaction habituelle des Politiques dans l’erreur : si cela ne tourne pas rond c’est qu’il n’y a pas assez de lois, pas assez de normes et pas suffisamment de parasites pour pondre et contrôler tous ces freins à la vie. L’Union européenne en est la caricature la plus évidente.

Pour certains l’Union européenne est la grande coupable. Pour d’autres c’est le libéralisme anglo-saxon. Pour d’autres c’est la loi du 4 juin 1970 qui supprime du code civil le statut de « chef de famille » et substitue à la notion de puissance paternelle, celle d’autorité parentale commune au père et à la mère. Elle officialise plus d’un siècle plus tard la phrase de Balzac dans Mémoires de deux jeunes mariées en 1841 : « En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus ». Pour d’autres c’est la chute du mur de Berlin et du communisme qui a laissé le capitalisme sans rival. Pour d’autres c’est mai 68, la mort des tabous et l’interdiction d’interdire. Pour d’autres c’est Vatican II qui en 1965 est allé au monde en allant un peu moins à Dieu. Il a remplacé l’homo religiosus qui enterre ses morts et a des gestes ritualisés et sacralisés, par l’homo economicus qui cherche à oublier dans la consommation et la parole, sa peur de la mort. Pour d’autres c’est l’immigration massive nord-africaine et subsaharienne. Pour d’autres enfin ce sont des minorités puissantes qui veulent secrètement dominer un monde de leur fabrication.

Ils ont probablement tous raison et toutes ces raisons existent. Les motivations des uns comme des autres sont nombreuses, complexes et souvent antagonistes. Mais personne ne semble se poser les seules questions vraiment importantes : Comment toutes ces folies ont-elles pu prospérer en naissant quasiment toutes dans les années 60 ? Comment et pourquoi survivent-elles aujourd’hui ?

Aucune ne prospérait jusqu’au début des années 60 parce qu’il y avait une digue qui contenait tous les excès. Cette digue c’était la rareté de la monnaie presque toujours liée à l’or, reconnu partout comme une richesse indiscutable. La monnaie était systématiquement dévaluée dès que l’on en fabriquait trop quelle qu’en soit la raison. Partout la monnaie a été inventée pour lutter contre ceux qui prenaient en oubliant de donner et de rendre ; elle a toujours été dans toutes les civilisations, liée à une richesse déjà constatée par cette civilisation, ce qui créait une digue à la bêtise par la rareté obligée de la monnaie. La monnaie n’était qu’un stockage de l’énergie humaine qui avait fabriqué cette richesse unanimement reconnue. L’énergie monétaire était limitée par l’énergie humaine dont elle provenait même si c’était très mal expliqué dans les universités et dans les médias.

Il ne sera jamais assez répété la véritable révolution, le séisme en trois temps, créant dorénavant des monnaies sur des richesses futures souvent imaginaires et non plus sur des richesses existantes et déjà constatées. D’abord les accords de Bretton Woods en 1944 où les Américains imposent que seul le dollar sera lié à l’or et que les autres monnaies seront liées au dollar. Ensuite Nixon qui déconnecte le dollar de l’or le 15 août 1971. Enfin l’Europe qui crée un euro lié à toutes ses anciennes monnaies, elles-mêmes liées à rien depuis le 15 août 1971. Les peuples n’ont pas encore pris conscience que les monnaies sont aujourd’hui comme le bitcoin, de la spéculation pure et qu’elles ne valent objectivement plus rien. Elles ne sont plus une richesse avec son équivalent constatable et palpable à tout instant. Elles sont, par la monnaie-dette, par sa fabrication en continu par les banques avec leurs doubles écritures, et par leur « déblocage » incessant par des Politiques en campagne électorale permanente, l’affirmation péremptoire qu’elles seront couvertes par des richesses futures. Par ce jeu de passe-passe aussi immoral que scandaleux, on a fait sauter la digue et l’énergie monétaire est venue alimenter en les rendant crédibles, tous les fantasmes des uns comme des autres. On réussit même à criminaliser ceux qui résistent aux folies actuelles.

Aujourd’hui certains se félicitent des succès obtenus par cette énergie monétaire plus que gratuite puisqu’on nous paye pour emprunter à des taux négatifs. D’autres se lamentent du délitement que la corne d’abondance a généré sous une multitude de formes puisque l’énergie monétaire colmate l’incohérence. Comment le peuple français aurait-il pu accueillir l’incohérence de leur gouvernement pendant l’épidémie de Covid, si ce gouvernement n’avait pas « débloquer » des milliards inexistants grâce à la monnaie dette, aux taux négatifs et à son immoralité ?

Le scandale de la monnaie dette n’apparait pas encore parce que le peuple est anesthésié par la vie facile qu’elle procure. Le scandale est rendu possible par l’invention tout aussi scandaleuse d’une création annuelle de richesse qui oublie volontairement que la vie n’est qu’échanges. Faire croire que le PIB est une création annuelle de richesses est un mensonge tellement répété qu’on finirait par le croire. La réalité c’est qu’il chiffre tous les échanges fait avec de l’argent. Il n’y a pas de valeur ajoutée sans clients et donc sans valeur retranchée au client plus importante que la valeur ajoutée par l’entreprise. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » disait Lavoisier. Nous avons oublié que c’est aussi vrai pour la richesse. La seule chose que l’homme sait créer c’est sa propre énergie et c’est le côté limité de cette énergie qui a rendu l’humain intelligent pour ne pas mourir. L’énergie monétaire dégoulinante actuelle fait croire pour le moment que l’homme peut être stupide en se croyant très intelligent, et en finançant toutes les multiples causes, toutes malheureusement réelles, de notre délitement. Entendre Jean-Marc Jancovici dire « Du pognon il y en a » ou Éric Zemmour dire « Profitons-en, l’argent est gratuit », c’est prendre conscience que même nos belles intelligences n’ont pas encore compris que seule la digue de l’argent rare nous empêche de transformer nos fantasmes enfantins en réalités abominables.

La vie n’étant qu’échanges, la monnaie dette induit qu’il faudra demain travailler sans toucher l’argent que l’on a préalablement dépensé et, travailler sans contrepartie, s’appelle tout simplement l’esclavage que notre bêtise nous prépare. Nous nous battrons pour que les esclaves soient les autres et il n’est pas sûr du tout que notre amollissement ne fasse pas gagner les autres.

Devant cette situation que chacun constate, il n’y a que deux issues possibles : celle de la « grande réinitialisation » théoriquement intelligente et celle du pragmatisme qui passe par la première étape de la redécouverte des nations et des patries. L’une va vers une gouvernance mondiale unique avec ses normes, ses lois et une énergie monétaire apparemment inépuisable et toujours inexpliquée. L’autre vers une reconstitution de la souveraineté des nations entre gens qui se reconnaissent entre eux et échangent entre eux et avec les autres encore plus prudemment. Les premiers ont le pouvoir à Davos, à la Trilatérale, à l’ONU, à l’OMC, à l’OCDE, à Bilderberg, à l’Union Européenne et chez tous ceux qui se voient comme l’élite et qui nous ont conduits où nous sommes. Les autres critiquent tous les centres de décision en ne mettant jamais l’accent sur ce qui a permis à tous les pouvoirs de se maintenir, en le dissimulant sur une prétendue volonté des peuples et sur une nouvelle religion totalement creuse de la « république » dont a oublié qu’il ne s’agit que du bien commun, commonwealth en anglais comme Cromwell a appelé sa république le 19 mai 1649, un siècle et demi avant la nôtre, ou res publica en latin.

Y aura-t-il en 2022 un candidat pour dire que notre bien le plus précieux, provisoirement égaré, est la digue nous préservant de nos propres folies, que constitue l’argent rare ?  La meute de tous ceux qui croient exister en mendiant « des moyens », fera tout pour l’empêcher.

L’Histoire s’en souviendra

Il est temps de nous interroger sur le pourquoi de l’effondrement de notre civilisation avant de le déplorer ou de s’en féliciter. Il est fondé sur deux croyances imbéciles qui s’alimentent l’une l’autre : croire possible de consommer sans produire et croire que le collectif est au service de l’individuel. Toute notre folie consiste à nous intoxiquer nous-mêmes à la fausse vérité de ces deux croyances par une débauche d’argent. Cet argent donne l’apparence de permettre d’acheter aussi bien les machines que ce qu’elles utilisent, l’énergie comme les matières premières. Il permet aussi de payer sans effort tout le collectif indispensable et il flatte tous les désirs individuels en les prétendant facilement accessibles. L’énergie monétaire fait tout le travail mais nous nous aveuglons nous-mêmes en ne cherchant surtout pas à la comprendre pour ne pas affronter nos contradictions. Les gouvernants actuels, et la France en toute première ligne avec son gouvernement, ses médias et ses universitaires, assènent comme étant une vérité obligatoire, un choix non tranché pour qu’en restant inépuisable, il devienne un véritable trou noir consumant notre intelligence : la monnaie est-elle une marchandise, un signe ou une institution ? Le flou de sa définition permet d’oublier ce qu’est vraiment la monnaie, un simple véhicule d’énergie humaine tout comme l’électricité n’est qu’un simple véhicule d’énergie fossile, nucléaire ou renouvelable. L’effondrement de notre civilisation vient d’une énergie monétaire envahissante qui n’est plus le véhicule d’un travail passé reconnu utile mais celui d’un esclavage à venir dont le système a besoin et que le peuple redoute tout en le pressentant.

Cette énergie dilapidée nous fait croire que nous sommes sur le bon chemin. Elle alimente les trois veaux d’or de plus en plus voraces que notre société adore sans aucun esprit critique : la croissance, la démocratie et la formation.

C’est la dépense d’argent qui fait la croissance. On le dépense pour consommer ou pour investir, seules façons de faire du PIB que l’on présente sans vergogne et toute honte bue, comme une création de richesse alors qu’il est à l’inverse consommation de richesse, indistinctement consommation intelligente ou consommation stupide. Les puissants font croire que c’est une ressource dont les pourcentages sont à disposition alors qu’ils mettent en place, « à l’insu de leur plein gré », les esclavages devant nourrir a posteriori l’énergie monétaire déjà dépensée et chiffrée par le PIB.

C’est encore la dépense d’argent qui donne l’illusion de la démocratie. C’est en le dépensant et en faisant donc de la croissance, que les puissants achètent l’affect du peuple pour qu’il choisisse le bulletin présélectionné par les fabricants d’argent. Ils font tous croire que c’est le meilleur système tellement il les maintient automatiquement au pouvoir. Les peuples ne réagissent pour l’instant qu’en se détournant des urnes. Abraham Lincoln avait bien défini la démocratie comme le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Elle n’est malheureusement aujourd’hui que le pouvoir d’une élite autoproclamée, par l’argent et pour elle-même. La bassesse nécessaire pour rentrer dans cette « élite » s’exprime, sous nos yeux éteints, chaque jour davantage. Tout perd son nom pour ne plus exister. La France devient la république, la chose publique. Les communes, les départements, les régions comme les provinces, tout ce qui a un nom, devient indistinctement un « territoire » dans leurs bouches unanimes.

C’est toujours la dépense d’argent qui fait croire à la formation dans les espaces-temps scolaire, universitaire et maintenant tout au long de la vie. Cette formation très dépensière n’est qu’un formatage minutieux et totalement théorique d’agents économiques performants pendant qu’un autre argent, tout aussi abondant, confie la production aux machines ou aux esclavages lointains. Cette très longue formation du peuple au chômage en constatant qu’il sait de moins en moins lire, écrire, compter et réfléchir, l’amène à devenir mendiant et à réduire son activité à une demande de « moyens » pour remplacer agréablement son travail.

L’année 2020 a montré comment un pouvoir extravagant s’est cru autorisé à museler l’énergie humaine à coup de confinements, de masques et de couvre-feux, sans oublier les gestes devenus barrières, en remplaçant l’énergie humaine par une énergie monétaire fabriquée à la hâte. C’est l’incompétence de ce pouvoir, aveuglé par son autosatisfaction, qui force son peuple, sans le lui dire, à choisir entre les deux abominations d’être esclave ou esclavagiste. L’Histoire s’en souviendra.